Le goût du tartan # interclubs

cropped-img_0405-2.jpg

Je ne me suis pas présenté serein sur la ligne de départ hier soir, mon articulation sacro-iliaque me fait souffrir depuis 10 jours. C’est donc avec un taping posé par ma fille (que je forme progressivement) et ma ceinture Zamst que je me suis élancé …

1er 1000 en 3’35 / 2000 en 7’15 / 3000 en 11’00 … Puis j’ai commencé à sentir que ça tirait un peu sur le sacrum car le 5000m c’est pas du tout reposant !! La peur de forçer et le manque de jus ont eu ma peau. Je termine en 19’01, en peu au-dessus des 18’20 que je visais mais je n’ai rien cassé et c’est l’essentiel à 1 semaine de la marathon race à Annecy.

Je suis tout de même certain qu’il aura une ou deux visites à Saint-Maure en juin car j’ai retrouvé le goût du tartan.

PS: j’ai couru avec mes Hoka Clifton. Je garantis qu’elles ne sont pas molles du tout…

Compression progressive ou dégressive ?

Alors que je reçois encore beaucoup de questions par mail sur mon appréciation sincère concernant le port de bas (manchons) de compression, j’apporte une petite précision à mon article de décembre 2009 (le plus lu de tous à ce jour).

cropped-me-gapencimes-201212.jpgTou d’abord, lorsqu’on parle de bas de contention ou de compression, il s’agit de la même chose. En terme de produit fini, il existe les « manchons », c’est-à-dire à des chaussettes sans pied et les chaussettes classiques.

La contention/compression se divise en deux catégories : la compression progressive (type Compressport ou BV Sport) et la dégressive (type Sigvaris).

Pour bien comprendre ce qui différencie les deux offres sur le marché, il faut être clair sur ce qu’est l’action de la compression veineuse : elle agit sur le diamètre des veines situées dans les membres inférieurs pour augmenter par effet de pression le retour veineux (= circulation sanguine). En augmentant le flux sanguin, les muscles sont mieux oxygénés, on a pu constater des effets sur la douleur et la fatigue musculaire ainsi que pour certaines études des effets sur la performance.

La compression dégressive : kezaco ?

Il s’agit d’une compression proche de la compression traditionnelle utilisée dans le domaine médical pour l’insuffisance veineuse et qui applique une contention différente entre la cheville (assez forte) et le mollet (plus légère). Je vous invite à lire la très bonne revue de la littérature publiée par la FFTRI sur les études existantes sur les deux techniques. En matière de compression dégressive, c’est Kemmler et Coll (2009) qui est la référence mais cette étude comporte un biais méthodologique non négligeable puisqu’il n’a pas de véritable bras de comparaison… dommage mais cette étude a une véritable valeur néanmoins.

La compression progressive kezaco ?

A l’inverse de la dégressive, cette technologie applique une forte contention au niveau du mollet et une plus faible à la cheville… nous voilà bien ! Force est de constater que le nombre d’études cliniques ou observationnelles avec cette technologie sont plus nombreuses mais pour autant, je sais que les interrogations persistent sur leur véritable effet du côté des consommateurs sportifs.

2014-04-13 11.57.00Pour ma part, je n’ai pas de doute sur le bénéfice lié à l’usage de ces produits. J’utilise la compression progressive depuis 2008 et je lui reconnais les effets suivants : meilleur maintien musculaire lié à la diminution des vibrations à l’effort, surtout en trail ; réduction de la fatigue musculaire pendant les efforts de longue durée, une récupération de meilleure qualité après les efforts lorsque je les porte également (mes manchons Compressport sont utilisable pendant et après l’effort). C’est mon expérience.

En toute sincérité, je ne peux recommander une technologie plus que l’autre et je conseille surtout d’essayer les deux pour se faire une opinion, cela me semble plus sage. Par contre, je rappelle quelques conseils qui me paraissent très importants :

1) tous les modèles n’utilisent pas la même technologie, donc, prenez le temps de vous renseigner et demandez conseil.

2) certains manchons ne doivent être portés que pendant l’effort (Booster), d’autres sont polyvalents (Compressport), soyez clair sur ce point car accélérer le flux sanguin n’a rien d’anodin.

3) ces produits sont totalement déconseillés en cas de problèmes cardiovasculaires ou de problèmes veineux, dans ce cas, c’est au médecin de recommander le produit médical adéquat.

4) je commence à voir des jeunes avec les manchons et je trouve cela vraiment dommage car à 12 ans, on n’a vraiment pas besoin de ce type de produit !!

5) enfin, si on vous vend deux manchons (une paire) ce n’est pas pour en porter qu’un seul car il ne vous échappera pas que le système veineux est un circuit fermé donc, agir d’un côté seulement n’a aucun sens !

Les lectures que je recommande :

Revue de la littérature FFTRI sur la compression musculaire

Fiche sur le port de bas de compression Savoir-Sport

Interview du Dr Galera, médecin de l’équipe de France de triathlon LD

 

Conflits : je reçois et teste des produits Compressport, j’achète aussi chez BV Sport, Skins – encore une fois, essayer et trouvez le produit qui vous va bien :)

 

 

Le trail de l’Yonne

Pour comprendre comment un trail qui débuta sur des bases de 3h20/3h30 se termine en 4h30, il me faut vous donner deux indices : 1) jeudi, j’ai fait une grosse séance chez l’ostéo… 2) hier, il pleuvait beaucoup, tellement…trop. Mais nous étions plus de 1500 dans la même situation alors la pluie, c’est pas cool certes, mais elle fait partie des aléas de notre pratique et nous étions tous,au moins sur ce point, sur un pied d’égalité.

J’ai retrouvé ma hanche !

Et oui, c’est ça la bonne nouvelle du week-end en fait. Jeudi, j’ai réalisé à contre-coeur une séance d’ostéo car cela faisait maintenant des mois que ma hanche était bloquée. En pratique, difficile voire impossible de courir à plus 13/14 km/h… j’étais comme freiné par une jambe qui n’avait aucune souplesse, aucun dynamisme. En consultant jeudi, je savais bien que je n’allais sans doute pas être au mieux samedi, d’ailleurs, j’ai passé mon vendredi après-midi à dormir, terrassé de fatigue.

La surprise a été de découvrir samedi dès le départ du trail (38,500 km au GPS et 860 D+) que je pouvais courir librement et avec la même puissance des deux jambes ! du coup, j’ai fait pêter le 14/13 de moyenne sur les premiers kilo pour boucler le premier 10 km en 50 mn avec un honorable 12 km de moyenne. Trop rapide sans doute car pour maintenir cette vitesse sur un sol totalement détrempé, et gras, j’ai puisé un peu trop dans les réserves – rien de pire que de courir avec des appuis fuyants qui tirent sur les ischios et mollets…

Au 20ème, j’étais en 1h54 et là, à la sortie du ravito, j’ai été comme foufroyé par des crampes des deux côtés sur les ischios et mollets : la totale, un truc de malade ! A partir de cet instant, rien à faire sauf subir la lente descente du chrono et une envie grandissante de marcher, d’arrêter même car se trainer sous la flotte et au son des « flocs-flocs », ce n’est pas mon plaisir le plus grand. J’ai rapidement compris que les 3h20 // 3h30 // 3h45 // 4h00 !!! étaient pliées et vraiment, j’ai trouvé le temps long et ennuyeux. C’est rare pour ce qui me concerne de m’ennuyer lorsque je cours mais hier, je n’avais qu’une envie, c’était tirer la bâche. C’est finalement au bout de 4h30 de rando-marche pour les 6 derniers kilos que j’ai passé la ligne (73/180), après une chute mémorable dans une marre de boue à 3 km de l’arrivée qui a fini de m’achever !

deniveles - The Trail 2015-02

L’Yonne et ses champs de colza

Invité par l’organisation, ma visite à Sens était motivée par le récit de Philippe l’an dernier et ses 3h19 que je comptais bien accroché (au début). Je connais peu la région et j’en ai donc découvert un petit aspect, pas à son avantage au niveau météo il est vrai.

Je trouve que le terrain sur lequel nous avons évolué est très abordable au coureurs de tous types, pas nécessairement les traileurs car malgré le dénivelé qui a de quoi satisfaire les apétits et qui est très bien réparti, le tracé empreinte en grande partie des chemins au milieu des champs de colza. L’amateur de forêt que je suis a trouvé le parcours un peu monotone de ce fait car les chemins et les champs se succèdent sans véritable rupture de matière ou d’ambiance. J’ai apprécié la traversée des villages.

Côté organisation, les bénévoles ont eu beaucoup de mérite hier car pendant que nous courrions sous pluie, eux attendaient ! L’ambiance était chaleureuse et très sympa, ce qui faisait du bien. J’ai également trouvé le public de Sens et des villages très accueillant et enthousiaste malgré la pluie.

Très fier de cette photo avec Jonathan Duhail (Team Outdoor Paris), le vainqueur du jour sur le 35 !

11218529_632467893520378_348309121868708315_n

Testé et approuvé : un peu de caféine dans votre gel ?

IMG_3156

Je crois avoir découvert le secret du pouvoir extraordinaire d’Hulk… bon ok, sérieusement, étant un amateur de café(ine), je me devais d’essayer le nouveau gel booster caféine d’Isostar au parfum menthe. Il est difficile de donner un avis précis sur l’effet de la caféine sur le corps, sous-entendu la santé et la performance car justement, la molécule de caféine agit différent selon les personnes. Elle sera donc un bon stimulant pour certaines personnes alors que pour d’autres, elle n’aura pas d’effet booster mais par contre, elle pourra engendrer des effets sur l’humeur avec de l’irritabilité, ou encore des tremblements… ces effets n’étant pas dangereux pour la santé mais non bénéfiques.

Il est donc utile que chaque personne connaisse l’effet de cette substance avant d’en prendre. Pour ma part, j’ai l’habitude d’en consommer et le gel menthe Isostar passe très bien pendant les efforts. Je ne peux pas dire si le gel à un effet booster (c’est très difficile à objectiver) mais je peux dire en revanche qu’il passe très bien, se digère facilement et qu’en l’utilisant sur le trail du Mont Ventoux, je n’ai pas eu de problème (aucune baisse d’énergie) pas plus que lors d’autres sorties longues.

zoom_33cc097528ee4a359ae81cc4cbe70536

Energy Fruit Booster

Pour celles et ceux qui n’aiment pas le gel, il existe d’excellentes petites pâtes de fruits à la caféine qui font merveille ! Très agréables au goût, facile à mâcher, elles passent bien et se digèrent également sans difficulté. Je regrette juste l’emballage cellophane, inévitable, mais qui n’est pas top et peu pratique en compétition…

 

Je vous recommande deux lectures sur la caféine et ses effets :

Isostar : caféine et performance

IRBMS : caféine et sport

L’infographie de Yann Le Meur : Red Bull vs caféine

Redbull

Asics DFA 33 : la paire de plus ?

Le site de la marque basics est assez explicite sur son nouveau modèle DFA 33 (DFA pour Deep Fluide Axis) « La route vous paraîtra plus proche que jamais et chaque foulée constituera un entraînement pour vos mollets. Elle montrera des résultats lorsque vous lacerez vos chaussures matelassées en vue du reste de votre entraînement ».

Ayant utilisé la super J 33 pour des entraînements de type PPG et des footing courts de 30mn max, je me suis dit pourquoi ne pas essayer la DFA d’autant qu’elle est porteuse d’une promesse alléchante « courir plus naturellement ».

IMG_3051

Courir plus naturellement m’intéresse

Le problème est que cela s’apprend et pas forcément sur le tard car j’ai pris de mauvaises habitudes que je ressens de plus en plus dans le bas du dos. Faire évoluer un peu ma foulée pour travailler plus sur le medio pied et solliciter d’avantage les mollets pour qu’ils jouent leur rôle amortisseurs/propulseurs est donc un objectif.

La DFA 33, avec son drop de 4 mn, sa tige basse et ses 285 gr (T45) a le bon profil sur le papier.

Je la teste actuellement sur route pour mes sorties matinales qui viennent en complément de mes entraînement de fin de journée et qui eux sont spécifiques trail.

Les sensations de course sont très agréables et j’apprécie particulièrement le déroulé du pied qui est très fluide et sans aucun doute mieux maîtrisé qu’avec la super J 33. Je note par ailleurs que même si la tige est basse, le pied est bien calé dans la chaussure, ce qui renforce la sensation de contrôle du mouvement au sol et à l’impulsion.

Mais alors est-ce une chaussure complémentaire pour l’entraînement ou un modèle à part entière ?

Je trouve la présentation sur le site Asics ambigüe car pour moi, cette chaussure peut parfaitement convenir à un usage régulier sur route, sur du 10 km, semi et même marathon dès lors qu’on a pris l’habitude courir avec un modèle à faible drop : faut y aller progressivement car votre voûte plantaire pourrait ne pas apprécier le changement le cas échéant ! L’utiliser en complément pour retrouver une foulée naturelle est un bon objectif mais je trouve qu’elle en a sous le pied et peut vous mener beaucoup plus loin ! D’ailleurs, je lui réserve quelques séances sur piste pour fractionner :)

Nous verrons bien cela dimanche matin lors du Marathon de Paris 2015 dont elle est la chaussure officielle.

IMG_3050

Prix de vente : 110 €

A lire également : vous y trouverez d’autres infos utiles sur la DFA 33

Runners, le test de Fred Brossard

Greg Runner, la présentation de la DFA

Jahom, présentation de la DFA

Marathon, courbatures et récupération…

A l’approche du marathon de Paris, la même question me revient souvent de la part des personnes de mon entourage qui s’attaque à la distance pour leur première fois : « combien de temps dois-je récupérer après ? »

DSC_0079

Il fût un temps où je répondais comme beaucoup de personnes « 42 jours… comme tes 42 kilomètres ». Cette règle dont je ne connais pas la provenance à la peau dure et circule toujours car lorsque je conseil 1 semaine de repos puis une reprise progressive avec de la marche nordique ou du vélo… on me répond que je suis un acharné ! De ce fait, j’ai fait le tour de plusieurs sites pour lire ce qui se dégage comme tendance et j’ai complété avec mon expérience personnelle.

Il y a d’abord des conseils relatifs à la gestion des courbatures

Six propositions peuvent être évoquées :

  1. La méthode RICE : elle est bien connue en cas de blessure de type inflammation et justement, on sait que les courbatures proviennent d’un mécanisme d’inflammation résultant des micro lésions des muscles. La méthode Repos // Glace //contention // Elévation peut donc s’appliquer car en réduisant l’inflammation et en favorisant la cicatrisation, on peut réduire le temps de récupération.
  2. La compression : même s’il y a encore peu d’études de grande ampleur sur cette technique, la compression, en favorisant le retour veineux (circulation du flux sanguin), diminue les oedèmes lymphatiques (ce qui fait mal). Les coureurs ayant testés les bas de contention, manchons post-effort ou full legs ont pu apprécier directement cet effet bénéfique qui varie en durée selon l’intensité des courbatures et les individus mais les résultats sont perceptibles.
  3. Alternance eau chaude/eau froide : en alternant eau froide (vasoconstriction) et eau chaude (vasodilatation), on peut tirer un bénéfice perceptible de ces deux techniques qui donnent lorsqu’elles sont couplées de meilleures résultats. Chaque technique seule donne de moins bons résultats, particulièrement l’application de l’eau chaude qui permet de détendre le muscle mais sans diminuer l’inflammation…
  4. L’électrostimulation : là aussi, les études arrivent et c’est une bonne chose car la technique donne de bons résultats pour peu qu’on l’utilise dans les heures qui suivent l’effort – le leader du marché, Compex, propose sur ses modèles un programme spécial « récupération » avec différents modes Récupération (diminution des courbatures, récupération active, récupération effort intense). Comme la compression, les coureurs qui l’utilisent régulièrement en sont très satisfaits.
  5. La récupération active : à la suite de l’effort, un footing très léger, lent à pied ou alors une sortie à vélo va permettre de mieux récupérer au niveau de la force musculaire et d’une façon générale, les sportif qui y sont habitués reprennent plus rapidement l’entraînement.
  6. L’hydratation : très importante, elle contribue de façon complémentaire à la récupération et à la gestion des courbatures (boisson de récup’, eau gazeuse salée, le lait sauf si on est intolérant au lactose et simplement de l’eau…). L’alimentation qui suit dans les 3 jours l’effort est également cruciale. Le problème est que souvent, après un bon marathon, on a envie de fêter cela si vous voyez ce que je veux dire et on se lâche un peu !!!

Pas de technique miracle donc mais un ensemble qu’il faut essayer pour trouver celle(s) qui vous donne(nt) le plus de satisfaction.

Côté conseils de récupération :

  1. « L’abstinence » : j’ai d’abord identifié une durée allant de 3 à 7 jours d’abstinence totale, très peu de l’ordre des fameux 42 jours… Je pense qu’il faut mettre cette durée au regard des douleurs musculaires ressenties et adapter mais attendre 3 à 5 jours me semble être du bon sens d’autant que les cuisses sont douloureuses et je ne vois pas l’intérêt de courir avec des douleurs.
  2. Une reprise progressive : il est fréquemment recommandé d’espacer les sorties CAP de 3 jours à la reprise afin de bien laisser le temps à l’organisme de récupérer. La durée des footing recommandée est de 45mn max.
  3. Les alternatives à la CAP : le vélo est utilisé par pas mal de copains et il donne de très bons résultats puisqu’il s’agit d’un sport « porté ». La natation peut aussi faire partie de la reprise dans ce cas… Pour ma part, je pratique la marche nordique qui à l’avantage, à les bâtons, de soulager un peu le travail des muscles inférieurs.

img_9547Pendant la période qui suit le marathon comme d’ailleurs toutes les autres distances égales ou supérieures, il faut redoubler d’écoute et être attentifs aux signaux envoyés par son corps car on puise pas mal dans l’organisme. Il faut lui laisser le temps de récupérer et de se refaire au risque d’avoir une blessure, si ce n’est dans l’immédiat, quelques semaines ou mois plus tard. C’est ce qui m’est arrivé après mon premier marathon il y a quelques années : mal préparé, mal récupéré…tendinite du tendon d’Achille et huit mois d’arrêt.

Voilà, avec ça en tête, vous pouvez aller vous éclater dans une semaine avec votre superbe paire d’Asics DFA 33 spéciale marathon de Paris ! Enjoy !!!

Lire le test de runners.fr ici

Ma fédé va craquer…

VGANe nous fâchons pas ! Le débat qui enfle sur les réseaux sociaux (mais pas que) est l’expression de la passion qui nous anime pour la course à pied. Mais c’est d’abord le témoin de la difficulté majeure qu’une structure fédérale qui porte l’athlé depuis des décennies peut avoir à évoluer et à faire bouger ses troupes. Nous polarisons le débat sur le prix des inscriptions demain et notre liberté de courir mais pour connaître ma fédé de l’intérieur (modestement), ce débat-là ressemble à s’y méprendre à un mauvais tacle entre joueurs de la même équipe…

Oui, ma fédé a tardé à répondre et à clarifier sa position et comme toujours dans un cas pareil, sa volonté de rassurer est moins audible. Mais d’ailleurs, doit-elle se justifier de tout car oui, il se passe quelque chose de fabuleux en CAP qui attise les convoitises de toutes parts mais est-ce choquant ?! Tous autant que nous sommes, marques, journalistes, coach, blogueurs…clubs, nous profitons de ce développement alors pourquoi s’indigner lorsqu’il s’agit de la Fédération Française d’Athlétisme ?

J’ai la chance de courir depuis l’âge de 12 ans, à la maison, il y avait des « Spiridon » sur le canapé, et dans la chambre que je partageais avec mes frères des « Athérama ». A l’époque, comme l’a rappelé Eric Lacroix ce matin, c’était déjà chaud et on discutait autant qu’on ne courait. Mais il n’y avait pas facebook…

Alors les débats peuvent continuer du moment qu’on ne se trompe pas de combat et surtout qu’on n’oublie personne. La FFA s’interroge sur la meilleure façon d’accompagner le mouvement actuel de la CAP et les services qui pourront légitimer de proposer plus de licences : et les CLUBs dans tout ça ?!

Pour avoir à la fois un peu pied sur les sentiers (de la liberté) et un dans un club FFA ou je suis bénévole (de cœur), je crois pouvoir dire que c’est là que tout peut changer pour la FFA. En 1ère ligne au quotidien et le WE, les clubs voient aujourd’hui venir des personnes qui pratiquent seules par commodité professionnelle, par manque de temps personnel, par envie tout simplement mais elles viennent car recherchent autre chose justement : de bons conseils, des horaires adaptés (très tôt, très tard !)… et finalement un lien social car courir seul c’est bien mais pas trop quand même (je peux témoigner).

Face à cette demande « polymorphe », et je n’ai même pas évoqué les différentes pratiques souhaitées (loisir, marche nordique, croisé…), beaucoup de clubs hésitent à s’adapter, peinent à le faire par manque de ressources (les bénévoles) et ne nous voilons pas la face : certains clubs sont réfractaires au changement – Athlé = cross + piste un point c’est tout !

Alors je crois qu’on peut réussir à rassembler toutes nos pratiques, partager nos plans et créer de nouvelles activités à la condition d’aider les clubs à réaliser cette mutation : le club de demain aura peut-être une activité classique et une plus virtuelle, avec des adhérents qui aiment la compétition, d’autres qui s’entraîne « hors-stade », il y en aura qui courent et certains qui marchent et il y en aura peut-être qui feront même les deux ! Je pense que tous auront besoin de conseils, d’un contact humain, d’une licence adaptée et le tarif suivra la même logique d’ailleurs. C’est compliqué ça ?!

Oui, en fait, c’est plus compliqué que de faire la révolution et d’appeler au boycott sur FB car cela va demander du temps humain et pour les clubs, cela porte un nom magique : le bénévole.

Sans lui, je n’aurais peut-être pas découvert ce truc de malades qu’est la course à pied alors ma fédé va peut-être craquer mais ce sera peut-être moins sous le poids des critiques virtuelles que par manque de bénévoles dans les clubs.

Nous sommes un petit nombre à avoir trouvé du temps pour partager notre point de vue depuis le WE dernier, 2h00 de ce temps dans un club = une séance d’entraînement en tant qu’animateur bénévole par exemple …ou juste être accompagnateur pour les jeunes.

Voilà, moi, je sais ce que je fais ce week-end et le débat lui, attendra sa fin…

Trail du Mont Ventoux 2015

A l’heure qu’il est, Serge Jaulin peut dormir sur ses deux oreilles, il a fait avec son équipe un travail énorme sans lâcher à aucun moment quoique ce soit. Il y a de la passion aussi dans l’organisation, pas que dans le fait de courir… merci.

IMG_2941L’édition 2015 qui nous était promise il y a quelques semaines, avec du soleil (on n’en ai jamais sûr au Ventoux), de la neige, un beau parcours… a volé en éclat ces derniers jours. Mais le trail du Ventoux lui est bien resté là, avec ses parcours B puis C. C’est comme ça en montagne et en trail, tu achètes un dossard, pas la météo !

Nous sommes arrivés à 5 samedi après-midi : Armelle, Fred, Franck, Stéphane et moi ; chacun de nous ayant une expérience variée de la course à pied et du trail en particulier. Pas de changement pour ce qui est du camp de base, le gîte de Pierravon et l’accueil chaleureux de Stéphanie Patte – un lieu où je me sens bien même en ne restant que 48h00.

Au PC dossards, l’organisation n’est pas des plus rassurantes et l’ambiance est un peu tendue. On perçoit chez certains coureurs de l’inquiétude mais ici, les parcours se séparent au 15ème kilomètre et cela laisse donc la possibilité à chacun de se raviser. Pour ma part, le 44 km est l’objectif alors pas de changement …à ce stade.

Dimanche 15 – 8h00 : il ne pleut pas !
C’est un truc de fou, le traileur a cela de magnifique que parfois, il est heureux avec très peu de choses : un rayon de soleil, un ruisseau qui crépite, une météo plus clémente que prévue. Nous partons donc à 8h15 (un peu loin par rapport à la ligne de départ) et le groupe de 1500 coureurs s’étire lentement, nous arrivons trop nombreux aux terres ocres et forcément, ça coince à la première montée qui glisse car la boue est abondante, ce sera ainsi une petite partie de la première ascension. Avec de nombreux ralentissements et parfois quelques coureurs inconscients qui font des selfies sur les balcons et se filment sans considération pour les autres coureurs – l’un d’eux a même fait chuter Sylvain Court avec sa canne… bravo ! Juste faire attention aux autres, c’est pour moi tellement évident sur un terrain aussi technique.

Bon, pendant ce temps, je grimpe et j’arrive au 12ème kilo en 1h45 avec 1000 D+, c’est pas mal sauf que le ravito arrive et là, les minutes qui suivent font basculer ma course. Sans raisons que je ne puisse comprendre, mes jambes deviennent lourde, très lourde et j’ai pas mal de difficultés à relancer. Pas trop faim, pas trop soif mais je me force un peu pour garder de l’energie.
IMG_2952Nous attaquons alors une partie superbe dans la neige, ça glisse mais qu’est-ce que c’est beau. Ma progression est dure, je pioche et c’est pas bon du tout à ce stade de la course : suis-je partie trop vite ? La bifurcation arrive et je me décide très vite, sans vraiment hésiter car je veux d’abord courir et là, je ne me sens pas capable de tenir sur 30 km et encore 1300 D+ à ce rythme. Je pense même que je vais lentement mais surement basculer vers la marche.
Donc je bifurque sur le 26 km et j’enquille direct sur une descente, la fameuse, qui s’étire sur de longs kilomètres avec cailloux, plaques de pierres, boue… la totale. Très vite, je trouve que j’ai pris (pour une fois) la bonne décision car je n’ai pas envie d’avoir mal (pas en ce moment…). Non, aujourd’hui, je veux du plaisir, courir au calme.

IMG_2943
Ma descente vers Bedoin est comme cela, tranquille mais quand même pas trop ! En prudence, en rythme mais avec calme car l’objectif est de contrôler chacune de mes foulées (un vœu pieux au Ventoux).
Je franchi la ligne après une ultime côte « casse-pattes » en 3h31 (GPS Polar) et 3h33 temps officiel – 227ème sur 524 coureurs.

Ce premier trail de la saison est donc devenu une étape de préparation pour la marathon IMG_2953race d’Annecy dans 2 mois – n’est-ce pas comme cela en fait qu’on prépare un objectif ?

Fred (avec un genou en vrac) et Stéphane arrivent après 4h30 de course pour leur premier trail technique et engagé : chapeau.
Armelle et Franck bouclent le 44 km respectivement en 6h19 et …6h45 je crois. Moins de 7h00 !
Pas ou peu de pluie, des conditions finalement assez correcte, bref : plus de peur que de mal. Maintenant, c’est récup’ puis préparation pour Annecy et cette fois, il n’y aura pas de parcours de repli donc, il faudra être prêt avec des jambes capables de grimper et descendre sur un terrain qui je crois est aussi difficile, voire plus que celui du Ventoux.

10410570_10152792147943471_6913148561748103212_n

Quant à Bedoin : RDV en 2016 car je n’ai toujours pas fait l’ascension du Mont Ventoux…

Quantified -self, le sport connecté et nous…

Lorsque Polar a mis sur le marché sa première montre cardiofréquencemètre, le Sport tester PE2000 (1ère montre sans fil), il y a plus de 30 ans, nous étions encore loin d’imaginer ce que le marché de la mesure personnelle allait devenir. De façon progressive, nous avons adopté l’idée de mesurer nos pulsations à l’effort, puis de mesurer notre cadence, etc.

Ces 3 dernières années, l’explosion du « sport connecté » et de la santé mobile avec une démultiplication des apps, logiciels et objets connectés en tout genre constitue une vraie révolution technologique. Nous nous équipons de montres, bracelets, balances, capteurs de toutes sortes à tel point que nous disposons d’une mine d’informations : mais que faire de toutes ces mesures personnelles que nous prenons de plus en plus quotidiennement ?

Les industriels y trouvent un intérêt évident car toutes ces « data » dès lors qu’elles sont partagées sur les réseaux sociaux (FB, Twitter …) ou des plateformes communautaires (polarflow, Strava, movescount …), apportent de précieuses informations qui peuvent être exploitées sur le plan marketing. On pourrait même imaginer que si la rigueur des mesures est bonne et méthodologiquement reproductible, on dispose là de fabuleuses cohortes dans la vraie vie

FullSizeRenderMais nous dans tout ça, on en fait quoi de nos data ?

Selon moi, la technologie a pour vocation de nous éclairer, de nous aider … et de libérer du temps. Ce temps si précieux dont nous manquons en quasi permanence. Avec les objets connectés que j’utilise à l’entraînement (montre cardio GPS), j’ai appris à oberver pendant l’effort certains paramètres : ma FC, ma vitesse de travail, ma géolocalisation. Après l’effort, j’analyse, je compare et j’essaie de comprendre les évolutions afin d’en tirer des enseignements. Cela me prend en moyenne 1h30 maximum par semaine.

En dehors de toute activité physique, je surveille mon poids avec une balance classique FullSizeRender(1)pour contrôler les variations car il y a deux ans, j’ai constaté que mon poids était très irrégulier (sans doute le résultat de mon hygiène de vie/mon job) et cela peut se corriger. Plus récemment, j’ai testé une balance Tanita dotée d’un analyseur de composition corporelle « BC-601 » qui me permet d’obtenir plus d’indications sur mon corps et l’impact du running :poids, % de graisse corporelle, masse musculaire, apport quotidien nécessaire en calories, % d’eau corporelle totale, masse musculaire en kg, ou encore mon âge métabolique (il paraît que j’ai 28 ans !) et ce n’est pas exaustif.

J’avoue ne pas encore avoir trouver le juste usage de toutes ces informations mais je pense que c’est l’expérience produit qui permet parfois d’en découvrir l’intérêt donc pour l’heure, je capture et je constate mais je n’en suis pas encore à la phase réflexion/réaction.

Avec la technologie et en particulier les objets connectés, je pense que c’est à chacun de nous de définir son besoin de mesures, l’utilisation et la fréquence qui convient. Les études consommateurs montrent à ce sujet combien nous sommes partagés et ambigus sur notre rapport et usage des technologies…

Et au-delà des objets connectés ?

Difficile de dire quel sera le futur de ce marché en pleine explosion mais il a indubitablement de l’avenir ; un article des Echos daté de juillet 2014 évoque un potentiel de 500 millions d’euros en 2016 …

Pour autant, il doit y avoir une réflexion de fond sur le sujet et les acteurs du marché doivent se positionner et engager le dialogue avec leurs consommateurs. Ce débat ne peut pas être qu’un débat entre experts du secteur mais s’ouvrir et c’est déjà le cas. Je crois très fortement que la capacité des marques à aller plus loin que la réponse produit est un facteur de succès, de fidélisation des clients et de longévité dans le temps alors c’est maintenant ! Pour cela, il faut nous aider à comprendre, analyser et utiliser de façon simple toutes les données que nous collectons. Je suis très surpris de constater qu’un grand nombre de personnes (et j’en fait partie)  n’utilisent souvent que 30-40% du potentiel de leur outil connectés !

********

Pour trouver des repères dans le maquis des offres d’apps et objets connectés :

Site dmdpost qui propose un guide et des tests produits dans le domaine de la santé/activité physique

Pour aller plus loin dans la lecture et les réflexions :

Think Tank Objets Connectés & Intelligents

Etude IFOP Observatoire des objets connectés (nov. 2014)

Withings Health Institute