Démocratie sportive

Histoire d’une rencontre, celle avec soi-même, parmi les autres.

Il y a quelques semaines, je partageais avec un ami mon expérience peu fructueuse avec les Booster, ces chaussettes de contention qui font fureur dans nos rangs.Et oui, le moins que je puisse dire est qu’en deux course (un semi et un 1O), l’effet booster escompté ne s’est pas fait ressentir. J’irai même jusqu’à dire que c’est plutôt l’effet « jambes coupées » que j’ai pu apprécier…mais bon, c’est sans doute un problème d’adaptation au modèle, où un problème d’effet placebo… C’est en racontant ma triste aventure (y’a tout de même pire, j’en conviens) que je me suis attiré cette question : « tu trouves ça équitable, de courir avec du matériel ou des technologies de pointe au sein du peloton ? T’as pas l’impression d’être avantagé par la technique ? »

(…)

Passé l’effet de surprise, j’ai essayé de répondre : un peu de technologie ne fait pas de moi un coureur privilégier qui gagne des secondes sur les autres injustement ?!. Puis, je me suis demandé quelle était la vrai finalité de toutes ces technologies que j’achète pour courir (Polar, Garmin, Booster, Nike Racer, etc.). En fait, je ne sais plus véritablement si c’est pour le plaisir ou si c’est par curiosité – la curiosité de constater l’effet réel de la technologie sur mes performances.En la matière, ma réponse me semble simple et sans équivoque : la technologie, aussi performante soit-elle, ne transformera jamais un mulet en jaguar. Bien que ne me considérant pas comme membre de la catégorie « mulet », je suis obligé de constater que la catégorie « jaguar » se joue ailleurs et autrement. Est-ce vraiment un problème ? Pas pour moi. Pourtant, je reste attiré par les nouvelles techs appliquées au sport, ou par toute expérience visant à constater l’effet de la technologie.

Récemment, j’ai testé Nosovent, un dispositif intra-nasal qui permet d’élargir la paroi nasale pour accroître la quantité d’air apportée lors de l’inspiration. Le dispositif est peu confortable et avec la durée d’effort, il bouge et occasionne une gène réelle…verdict négatif.

Tous autant que nous sommes, nous recherchons lors de notre entraînement de nouvelles formes de progression. Pour les coureurs indépendants, la technologie apporte un peu de repaires (Polar), parfois du confort lorsqu’il s’agit de textiles contre les basses températures : en aucun cas un bénéfice direct sur la performance. Malgré la technologie, je pense au contraire que courir reste une des dernière forme de démocratie brute,
celle où chacun d’entre nous se retrouve seul avec les autres, à un instant T, face aux mêmes conditions, au même effort à affronter : je trouve cela très démocratique.

En réalité, la course est une chance unique d’apprendre à se connaître soi, au delà de tout artifice. Cette rencontre avec soi-même parmi les autres est une forme ultime de démocratie. Elle est participative et sportive.  

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