Prise de produits et conduite dopante

L’importance de lutter contre le dopage ne doit faire aucun doute (cf. statistiques 2005 AMA.) A ce propos, les quelques voix scientifiques qui proposent actuellement une « libéralisation encadrée » du dopage à des fins de « réduction du risque » se trompent. La stratégie de réduction du risque est bien connue des acteurs de terrain qui la pratiquent en matière de toxicomanie (alcool, drogues par exemple).

Seulement voilà, si l’approche fonctionne bien pour ces problématiques, c’est justement par ce qu’il y a sur le terrain des associations, des éducateurs, bref, un réseau associatif et médical bien structuré qui apporte des réponses appropriées aux usagers en détresse : aide psychologique, suivi médical, assistance sociale,…le tout reposant sur une volonté commune d’aider les personnes malades. En quoi notre système de détection puis préparation à l’éducation sportive, notre système de préparation de l’élite (faudrait-il encore qu’il existe dans tous les sports concernés par le dopage) permet-il une démarche de réduction du risque ? En quoi le système de suivi médical/longitudinal existant peut-il être efficient en la matière (nous manquons cruellement d’un véritable réseau de médecins fédéraux) ? En quoi le tissu associatif (essentiellement bénévole et souvent sous dimensionné malgré sa qualité) est-il prêt à faire face à une telle stratégie de soin ? 

Soyons sérieux, l’applicabilité de la réduction du risque à la lutte contre le dopage est un concept de « laboratoire » qui bien que très pertinent sur le plan de l’intention, n’est aujourd’hui absolument pas applicable. Pendant les discussions, les « mauvaises pratiques » se répandent et dans le même le temps, on voit la prise de produits médicamenteux se développer chez les plus jeunes (corticoïdes inhalés, vitamines ou stimulants du système nerveux). Pour nombre d’entre eux, prendre un médicament n’est pas systématiquement assimilé à une triche mais un à un petit « coup de pouce » toujours justifié d’ailleurs par un état de santé ou de forme en défaillance passagère. mais on y prend vite goût.

Ces pratiques ne sont pas nouvelles, j’avais 13 ans lorsque certains camarades de club me proposaient avant le départ des cross quelques vitamines et même une fois une « p’tite » inhalation de cortico…  La prise de produits m’a toujours terrifié. C’est sans doute une chance pour moi. Je me souviens encore d’une prise de Solupred pendant une crise de bronchite asthmatiforme où reprenant la course à pied, je ne ressentais aucune sensation de fatigue, de douleurs musculaires et surtout une impression d’hyperventilation. Ne plus avoir peur de l’échec, ne plus avoir mal pendant l’effort,..bref ne plus sentir qu’on vit …….me fait peur, c’est vrai.

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