Hors stade

2175

Imaginez, nous sommes en 2175, les dirigeants politiques ont pris la décision d’interdire la pratique du running en dehors des installations sportives prévues à cet effet. Trop peu de licenciés pour un sport qui générait alors des centaines de millions de dollars de revenus publicitaires.

2125, l’apparition des premières substances

Déjà en 2125, le running est l’objet de toute les attentions. Depuis la victoire sur marathon, au championnat intercontinental, du Kenyan Willy Kipkomanch en moins de 2h00 pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les investisseurs de tous genre se précipitent pour investir dans la course à pied…et les mafias prennent petit à petit le contrôle des principales courses encore très populaires. C’est aussi à cette même période que les premières drogues chimiques mortelles commencent à faire des ravages. Leur capacité d’injection à distances conduit peu à peu les autorités démocratiques sportives à protéger leur coureurs nationaux.

Ce danger omniprésent aura pour conséquence d’attirer l’attention des grands médias et de décupler l’intérêt des téléspectateurs qui visionnent les marathons dans l’espoir d’assister à un drame en direct.

2140, la néantisation des systèmes de vidéosurveillance

Face à l’hécatombe chez les marathoniens Kenyans, 45 ont perdu la vie lors d’une compétition depuis 2125, les instances sportives décident de confier la gestion et l’organisation des manifestation sportives à l’armée intercontinentale. Mais la militarisation n’y fera rien, voire ne fera qu’accroître l’insécurité sur les routes avec l’organisation d’un trafic d’armes de poings micro-miniaturisées. Malgré les systèmes de détections qui ont triplés en 25 ans dans les rues des grandes capitales et la généralisation des caméras vidéo, la néantisation des système de vidéosurveillance est totale et culmine lors de la finale du Championnat mondial d’ultra, avec la mort de 57 coureurs sur 80 participants. La présence des spectateurs est alors totalement prohibée dans les stades et sur les parcours de courses.

2160, les flash anti-faute

Pourtant, la science fait des merveilles à cette époque pour satisfaire spectateurs et sponsors. L’évolution des techniques de préparation et de coaching autorise les implants dans le thalamus et la délivrance de « punitions » psychochimiques en cas de mauvaise tactique de course…une nouvelle technique qui permet en effet aux coach de signifier immédiatement au coureur pendant l’effort qu’il commet une « faute » tactique. Cette technique sera néanmoins interdite après deux années d’utilisation, suite au décès « involontaire » du Belge Levergussen dont la thalamus implosa sous l’effet du flash violent déclencher par son coach. Levergussen concédait alors le titre mondial du marathon au Chinois ZU Li.

2170, l’arrivée des premiers greffés

Transformées en fédération unique et unilatérale, les instances mondiales du marathon n’ont plus droit de citée. La Fédération a donc pris en main la gestion du marathon et plus largement, elle réglemente désormais la pratique du running. En 2170, elle autorise la participation aux grands marathons des premiers greffés. Dès les premières courses, les greffés vont rivaliser avec les coureurs des hauts plateaux Kenyans. Les greffés sont d’anciens marathoniens du continent Européen que la suprématie des Kenyans à relégué à l’indifférence de leurs compatriotes. Lionnel Terr, ancien recordman de France du marathon s’est fait amputé des deux jambes pour obtenir une double greffe artificielle. Plus rapide, plus endurant, Lionnel Terr remportera trois championnat de la fédération avant de succomber des suites d’une infection qu’on appelle la maladie des greffés, le développement d’une bactérie probablement due au rejet par le port des prothèses en kevlar.

2175, les Nouach’

Le marathon s’enlise et depuis l’interdiction des spectateurs, le sport est en perte de vitesse. La France n’a plus remporté une seule compétition depuis le décès de Lionnel Terr, le greffé. La découverte, en Zambie, d’une tribu indigène particulièrement douée pour le running va relancer les espoirs du pays qui décide de rouvrir ses frontières, dans le cadre du programme immigration choisie, pour accueillir massivement ses coureurs venus d’ailleurs. Les Nouach’, nom donné à leur tribu, remportent un succès foudroyant. En quelques semaines, les principaux records du marathon et de l’ultra sont battus. Les mafias d’Amérique de l’Est ne peuvent rester indifférentes et organisent l’assassinat de chacun des membres de la tribu Nouach’ lors de leur tournée sur le continent Américain.

Pour l’état Français et la fédération, c’est inacceptable. Au printemps suivant, la Fédération, pour aider la France à tenter de relancer la course et favoriser le recrutement massif de nouveaux coureurs, promulgue le renforcement de la loi interdisant dans tous les lieux et à toute heure, la pratique de la course…hors stade.

L’état espère ainsi relancer ses effectifs au niveau fédéral et maintenir la rente publicitaire qui est en declin.

Fin 2175, la course à pied a définitivement disparu…

Fiction inspirée de la lecture de Hors Jeu, d’Enki Bilal.

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