Compléments alimentaires et course à pied

La nutrition, on le savait déjà, est une discipline où l’absence de consensus professionnel peut être parfois déroutant. Ainsi, la polémique actuelle a de quoi nous laisser perplexe car même si le débat publique sur le rôle et l’intérêt des compléments alimentaires est légitime, certaines prise de positions d’experts remettent en cause beaucoup de nos (mes ?!) croyances.

J’ai toujours envisagé la prise de compléments alimentaires comme un moyen de palier à des carences de l’organisme (déficit en fer, en magnésium) qui peuvent apparaître  lorsque la charge d’entraînement est importante et se solde par un état de fatigue, de fragilité qui peut devenir pénalisant pour la santé. Gérer et traiter un déficit ne me semble pas une erreur, surtout si on le fait sur les conseils de son médecin du sport, nutritionniste qui plus est, et que l’on respecte la prescription. J’ai été amené de cette façon à prendre de l’Isoxan endurance et « Quotivit » qui sont tous deux des complexes multivitaminés associant des vitamines et des minéraux, antioxydants.

Oui, j’aurais pu tout aussi bien manger plus de fruits et légumes (10 par jour !), adapter ma ration quotidienne de protéines, de glucides complexes, etc. mais dans la vraie vie, on manque parfois de temps et  comme il est précieux, un comprimé peut devenir très utile. Cet usage n’a rien d’une pratique dopante. Il est limité dans le temps, sur une période précise de l’année, et est encadré.

Le risque existe cependant et je ne veux pas le nier car tous les coureurs n’ont sans doute pas un médecin du sport sous la main. La prise des compléments alimentaires en automédication me semble donc plus hasardeuse et donc dangereuse car nombreux sont les coureurs (comme moi) qui n’ont pas une connaissance suffisante pour choisir le bon complément, en prendre la bonne ration quotidienne (attention au surdosage) et se montrer critique sur sa composition (quand elle est présentée !).

Je ne parle même pas de l’achat sur internet : contrefaçons, produits sans principes actifs, produits contaminés,…tout cela est bien réel. Et à ceux qui conseil la pharmacie, je réponds oui à la condition que les pharmaciens se forment sur les compléments alimentaires pour offrir un véritable conseils aux sportifs, au delà de la vente d’antioxydants pour retarder les effets du vieillissement et la dépression !!

Sur ce sujet si aigüe des compléments alimentaires pris par les sportifs, je pense que l’interdiction n’amenera rien de bon si ce n’est de conduire les sportifs à adopter des pratiques sauvages « underground », se privant ainsi de toute possibilité de prévention et d’accompagnement par le corps médical. Une option logique et efficace serait de développer une vraie politique de réduction du risque, en acceptant la consommation pour mieux l’encadrer et la faire évoluer vers plus de raison et de maturité.

C’est possible et ça marche. Sur des problématiques de santé bien plus complexes, notamment l’usage de drogues, la RDR (réduction du risque) a donné de très bons résultats et a permis d’enrayé la propagation de maladies infectieuses comme le virus du sida ou l’hépatite C.

Mais faire de la prévention et de l’éducation pour la santé publique coûte plus en moyens humains et financiers que d’interdire,…en tout cas à court terme.

En attendant, on peut toujours se cultiver un peu en lisant le très bon article de Volodalen dédié aux vitamines et minéraux, ici.

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