Entrainement intensif et addiction : du positif au négatif

Oui, la pratique intensive du sport fait du bien à notre corps (malgré les blessures) et à notre esprit mais il y a un côté plus « négatif » qui est la dépendance à la pratique qui se créer dans le temps. Ce phénomène se révèle fréquemment en cas d’arrêt brusque et forcé lié à une blessure : on observe alors un phénomène de sevrage assez typique des cas d’addiction (tabac, alcool par exemple).

Pour bien comprendre comment un coureur assidu bascule lentement vers l’addiction, il faut distinguer ce qu’on appelle « l’addiction positive » et « l’addiction négative ».

L’addiction positive est une forme de dépendance psychologique et physique agréable et le coureur (ou le sportif en général) en tire un bénéfice personnel sur le plan du moral et du bien-être physique. On est là dans un cas classique où la course à pied apporte un équilibre à la vie quotidienne.

L’addiction négative est elle caractérisée par un côté obsessionnel de la pratique (jour et heure fixes, régularité sans faille, sentiment de culpabilité si on saute une séance, etc.). Dans ce cas, la course à pied est placé « au dessus de tout », y compris et au détriment de la famille, et on a tendance a tout organiser autour de l’entrainement, des compétitions du week end…Le sentiment de culpabilité, si on échoue lors d’une séance, ou celui du « devoir accompli » lorsqu’on réalise la séance planifiée sont des indicateurs très fiables.

La mise en évidence des critères ou signes cliniques de l’addiction à l’activité physique est très délicate car de nombreux outils et plusieurs échelles existent mais recouvrent des notions parfois très différentes. On peut néanmoins retenir les indicateurs suivants sur la base de travaux récents et valides. J’en propose quatre que je connais bien pour les ressentir :

– apparition de symptômes de sevrage lors de l’arrêt volontaire ou contraint;

– une atténuation ou disparition des symptômes de sevrage dès lors que l’on reprend l’exercice;

– un besoin parfois compulsif d’exercice (comme celui de chausser ses running pour aller courir un soir d’hivers par 2° ou encore de prendre son sac de sport un mercredi matin pour participer le soir même sur un coup de tête à une nocturne au stade de Saint-Maur);

– la poursuite de l’entrainement malgré une maladie ou une blessure, une tendance à minimiser voire à négliger les avis médicaux;

On vous dira (si ce n’est déjà fait !) que le fait d’avoir conscience de sa dépendance est déjà une bonne chose pour la gérer et s’en défaire. Je n’en crois rien. La course rythme ma vie depuis des années et plus elles passent, plus le besoin se fait poignant, et j’aime ça. Tout y est : l’impulsion, la culpabilité, le sentiment de devoir accompli…le problème, c’est la rupture, l’arrêt brutal.

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