« Petits poumons ». C’est comme ça que j’appelle lorsque les pollens sont de sorties et depuis trois semaines, on peut dire que c’est la fête.

Je suis allergique et chez moi, cela s’exprime assez bien avec de la rhinite (nez qui coule, yeux qui piquent, bouffées de chaleur…comme celles de la ménopause !) et des parfois un peu d’urticaire.

En ce moment, c’est la rhinite et le moins que je puisse dire, c’est que cela rend mon entraînement très compliqué voire impossible depuis quelques jours car la diffusion des pollens dans l’air s’est accrue et ma rhinite, elle, est descendue sur les bronches. L’effet est assez désagréable, avec une sensation de respiration limitée, comme si j’avais deux paille dans la bouche (une seule paille, c’est pour l’asthme et faut pas non plus écrire n’importe quoi !).

Mais attention, deux pailles, si vous faites le test, vous constaterez que déjà largement suffisant pour saboter vos plans d’entraînement à la course à pied. Vendredi dernier, j’ai fait une sortie de 40mn qui m’a semblé équivalente à une sortie longue de 1h30…j’étais épuisé et anormalement essoufflé : c’est dans ces cas que je me surnomme « Petits Poumons » car c’est l’impression que cela me donne.

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Comment je gère mes allergies pendant l’entraînement :

Tout d’abord, j’ai un traitement que mon médecin m’a prescrit à base d’un anti-histaminique (Cetirizine – Zyrtec) que je prend chaque soir et d’un corticoïde (Solupred) en cas de crise grave (type oedème de type allergique). Le problème, c’est évidement le Solupred car même s’il n’est à prendre qu’en cas de crise d’oedème (difficulté à respirer par exemple), il faut savoir qu’en tant que corticoïde, il figure sur la liste des produits interdits. En clair, pour pouvoir l’utiliser, il faut disposer si vous êtes sportif de haut niveau, d’une Autorisation d’Utilisation à des fins Thérapeutiques (AUT).

Le Solupred est un médicament important pour un allergique comme moi car il me permet en cas de problèmes respiratoires de pouvoir les gérer avec efficacité. Ce que j’apprécie moins, c’est son effet indirect sur le corps car en tant que corticoïde doté d’une action qu’anti-inflammatoire puissante, il a tendance à booster les capacité respiratoire (ce qui en fait un dopant) et à faciliter la récupération musculaire. Ces effets là ne sont évidemment pas perceptibles en cas de crise allergique, et de toutes les façons, ce n’est pas le but recherché.

Par ailleurs, il y a des conditions pour le prendre et surtout l’arrêter bien que cela soit plus simple quand son utilisation est de courte durée (très important d’en parler à votre médecin).

L’aspect traitement est essentiel donc, même pour un sportif. Pourtant, j’ai pas mal de coureurs autour de moi qui n’aiment pas se traiter car il pense que les traitements fatiguent. En réalité, c’est moins le traitement qui fatigue que l’allergie elle-même qui épuise l’organisme en luttant au niveau immunitaire.

Pour traverser cette période au mieux, car c’est tout même celles des compétitions importantes (Semi de Paris, Semi de Nogent, Marathon de Paris, etc.), je réduis mes sorties et elles sont aussi plus courtes. Je modifie un peu mes parcours, allant même jusqu’à courir au stade : pas sexy mais plus raisonnable pour peu qu’il ne soit pas entouré de Actuellement, pour revenir à la course à pied, j’ai stoppé et je reprendrai dans quelques jours en vacances à La Rochelle où en général, à cette période de l’année, mes problèmes d’allergie s’atténuent – il y a moins de pollens à cette période de l’année et aussi moins d’allergènes auxquels je réagis. En pratique, il existe un réseau qui surveille les période polliniques ici.

Voilà, quand on sait cela, on peut traverser tant bien que mal cette période de l’année car malheureusement, on ne peut pas tous aller s’entraîner à Ifrane !