Verdon Canyon Challenge : le récit de la course

Après une nuit glaciale que Mickael a commencé en pyjama pour la finir avec sweet-shirt et coupe vent, nous nous sommes levés à 5 h00 du matin pour manger le Muesli dans une bouteille en plastique découpée, ensuite, nous nous sommes tous recouchés pour 1h30 de sieste…

A 8h00, nous partons pour le départ et le pointage de la puce. Un petit échauffement, des étirements et nous partons à 8h25 !

Kilomètres 0 à 10 : ça ne tarde pas, après 1 kilomètre de course à peine, nous grimpons dans la montagne pour une ascension longue de près de 4 km, comme ça direct et sec ! Après seulement 5 Km, le Garmin affiche une altitude de 1558m : le ton est donné mais l’avantage est qu’on rentre tout de suite dans la course.

Arrivée sur le plateau au 6 kilo, je suis bien mais un peu surpris par certains passages un peu étroits : pas habitué à la montagne, je me dis que cela va s’arranger ensuite mais erreur, cela ne fait qu’empirer. Bref, au 6ème, nous sommes sur un plateau relativement roulant pour 1 kilomètre avant d’entamer une descente (aux enfers) qui nous ramène à 867m ! Là, les cuisses ont vraiment chauffé et je me surprends même à regretter la montée précédente ! J’essaie de gérer au mieux en soignant mes appuis et je dois avouer que j’ai un peu peur de la chute à cet instant de la course.

Kilomètres 10 à 15 puis 15 à 20 : balisage défectueux !! Et oui, je caressais l’idée que les problèmes lus sur les forums Kikourou et Ultrafondus appartiennent au passé mais non, en repartant du ravito n°1 (10ième kilo), nous bifurquons sur la gauche du sentier très roulant de la petite forêt…alors qu’il fallait continuer droit devant : sauf qu’il n’y avait pas/plus de balise ?! Mais surtout, il n’y a alors personne à cet endroit très stratégique de la course. Nous descendons donc à 4 avant de rencontrer des coureurs furax qui remontent !!! nous avions pris le sentier dans le mauvais sens. Le problème, c’est que certain remontent et reprennent alors la boucle dans le bons sens…d’autres non ! et c’est navrant, mais pas autant que de découvrir au kilomètre 15 (point le plus reculé du trail) qu’il n’y a pas de pointage  – je ne peux excuser ce type d’errance car certains coureurs en ont donc profité et c’est juste nul. Bilan de cette portion, je perds un peu de temps mais surtout, j’ai du mal à profiter du terrain très roulant de cette portion du parcours. Je bascule progressivement vers un état de fatigue dont n’est pas responsable mon problème d’aiguillage, c’est simplement le vide…. vers le kilomètre 18, Johan me dépasse alors que je suis à la peine. Il ne va pas bien lui-même mais m’encourage et reste avec moi pour me motiver à relancer la machine « tu mets un pied devant l’autre, c’est tout ce que tu as à faire » me dit-il. Je ne suis pas loin d’abandonner à cet instant précis mais le voir à mes côtés insister autant pour que je reparte me fait un bien fou et je pense alors que je n’ai pas le droit d’arrêter ce trail. Arrivé difficilement au ravito n°2, je me fais étirer par les bénévoles kinés (super top et vraiment disponible, bravo à eux) et repars un peu après Johan.

Kilomètres 20 à 27 : le début des ennuis et des douleurs atroces aux cuisses. Je franchi un cap pour passer de « cuit » à « limite », j’ai des sensations pas très bonnes et je m’arrête de plus en plus, environ tous les 300m (voir le graphique Garmin bleu très irrégulier !) avant de repartir soudainement comme une gazelle (un peu amochée tout de même). La montée vers le Ravito n° 3 est sévère et très dangereuse : ça chute, ça s’ouvre les arcades, les cuisses sont éraflées…bref je me sens peu en confiance car les passages sont quasi impraticables pour moi en course et je dois marcher (fuck !!!). Je croise Johan sur un rocher en très petite forme (des maux d’estomac importants). J’essaie de l’aider mais je comprends alors qu’il n’est pas bien du tout. Je pars sans me retourner car j’ai un goût amer : il m’a regonflé à bloc un peu plus tôt et moi, je constate que je ne peux rien pour lui…

L’accès au ravito n°3 est juste interminable et je replonge à nouveau, étalé bras écartés sur un rocher, je me dis qu’il faut laisser passer car ça va de moins en moins bien. Là, c’est un compétiteurs qui s’arrête et me propose un gèle « coup de fouet » pour repartir : je respire profondément, je prends le gèle et avance péniblement jusqu’au point de ravitaillement.

Kilomètre 27 …finisher du 30 KM : la descente qui suit le départ du dernier ravito est bonne et je déroule mais c’est sans compter les crampes qui surgissent de nulle part et là, je dois gérer sur 2 kilomètres avant qu’elles ne s’atténuent en entrant dans Aiguines : je suis limite intellectuellement et je perds deux fois la balise sur 1 kilomètre !! J’arrive avec un temps de 5h0413, très fatigué mais tout de même heureux car après tout, le Verdon fût mon premier trail en montagne !

Ce trail est magnifique, la nature environnante superbe avec les Gorges du Verdon mais attention, il est aussi très sélectif et n’autorise aucune faute car le terrain est parfois dangereux. Les bénévoles présents, notamment la sécurité médicale étaient très prévenants. Dommage qu’un problème de balisage soit survenu sur un point aussi stratégique que la boucle du 10 au 20ième kilomètre – une seule personne aurait suffit à l’éviter…

Ce trail m’a fait « grandir » : je sais désormais que certains profils de parcours me conviennent moins que d’autres – il me faut du roulant ; le dénivelé importe moins mais le sol et les terrain très techniques ne sont pas pour moi…du moins pas aujourd’hui.

Ce Trail m’a apporté énormément sur le plan humain malgré la défaillance physique : je coure seul depuis des années et avec Mickael, Vincent, Johan et Ben, j’ai redécouvert un esprit d’équipe et de complicité qui sont aussi des raisons pour lesquelles ce sport me convient.

Oui, je suis certain qu’on peut courir seul parmi les autres, mais aussi qu’on coure encore mieux avec l’aide des autres (c’est Johan qui me l’a rappelé ce week-end).

Temps estimé au Garmin : 5h04m (71ème au classement officiel).

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9 commentaires sur “Verdon Canyon Challenge : le récit de la course

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  1. Moi je dis pour une première course « alpine », t’a pas choisit la plus plus facile, mais t’a fait une très belle course.
    Quand je t’ai vu au km18 j’ai bien compris (car vécu sur d’autres courses) que tout ce qu’il te manquait c’etait un peu de jus et pas mal de motivation pour penser que après ce coup de mou, la machine pourrait repartir, et finalement elle est même bien repartis 🙂
    Je suis bien d’accord avec toi sur le check du km15, mais après c’est juste question d’être clean avec ca conscience, faire la course, c’est la faire entièrement sans tricher, c’est plus ca dans l’esprit de l’organisateur, qui veut que ce trail soit du pure trail montagnard.
    Et tu sais après le VCC je crois que n’importe quel autre trail te paraitrais très roulant 🙂

  2. @Bipédy : et ça, pour en avoir du temps, j’en ai eu ! y’a juste à regarder mon graphe Garmin pour trouver les baisses de régimes. mais c’était vraiment superbe.

    @Lexel : je suis encore une bleuzaille en trail et ton aide m’a vraiment fait du bien. Après, je ne regrette rien et d’ailleurs, je n’ai plus d’amertume sur les problèmes de balisage. Je me dis que cela m’est déjà arrivé en forêt de Senlis en Ile-de-France donc un peu de recule aide aussi à faire la part des choses entre ces petits ennuis et le bénéfice tiré de cette aventure avec vous et il est GRAND 🙂

  3. slt les bloggeurs Ravenous. je vous ai rencontré sur le stand Columbia par l’intermédiaire de Pascale. d’accord sur tous vos commentaires, le verdon reste un trail exigeant sur tous les points de vue. J’ai aussi eu droit à des soucis de balisage, des coups de moins bien seul au monde.mais ca reste une course NATURE magnifique face à toi même. content de l’avoir terminé (4h08) apres avoir abandonné en 2008.

  4. Bravo Fabrice ! Quelle aventure ce Week-end !
    L’objectif rencontre, partage et test est largement rempli. Ravi de notre rencontre.
    A très vite,
    mike

  5. Tiens sur mon tracé Garmin j’ai le même parcours que toi quelques kilomètres après le 1er ravitaillement 🙂 (descente sur la gauche) ; sauf que moi j’ai même traversé la route 🙂

    Quelle aventure ! Inoubliable !

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