Malade, moi ? !

Bonjour, je suis journaliste à (…) et je prépare un reportage sur le congrès d’addictologie de Nantes. Je m’intéresse à la table-ronde sur le sport et les addictions, « pouvez-vous me parler de votre maladie en quelques mots » ???

« Maladie ». Depuis que je coure, c’est à dire l’âge de 12 ans, jamais on ne m’avait posé cette question, en utilisant un mot aussi lourd de sens : « maladie ».

Est-ce que s’entraîner 10 heures ou un peu plus par semaine, avec un plan, des restrictions alimentaires, des pulsions irépressives d’en faire toujours plus, une profonde joie à la simple idée que dans 18 jours, je serai au départ du marathon des Templiers…oui, est-ce que tout cela fait de moi une personne malade ?

Je ne me suis jamais défini comme tel, en tout cas jamais lorsque je vais bien : et en ce moment, j’ai une énorrrrrme frite ! A bien entendu, fallait pas me voir il y a un peu plus de douze mois. A l’époque, mes meilleurs compagnons n’étaient pas Doune, Michaël, Johan…non, j’avais à cette période plus d’affinités avec J&B, Jonhny W, etc. Ce n’était pas la cata mais ça prenait une petite tangente.

A cette période, le diagnostic aurait sans doute tranché dans le vif. Mais aujourd’hui, ça va mieux, pas de blessure, une VMA qui grimpe tranquillement…tout les voyants sont au vert (expression que je déteste !).

C’est plutôt dans cet état d’esprit que je ferai mon intervention demain à Nantes pour « lancer » la table-ronde : l’addiction chez le sportif, on ne la ressent jamais aussi bien que dans les périodes de blessures car la sensation de manque, le craving comme on dit en tabaccologie, se fait rapidement sentir et devient très vite insupportable, rejaillissant sur l’humeur et le bien-être en général.

Cette expérience est celle que j’exposerai, en insistant sur le fait que pour le sportif amateur pratiquant seul, cet état est extrêmement difficile à gérer car d’abord, il faut pouvoir identifier les signes d’alerte, puis savoir à qui en parler : l’entourage n’est pas toujours réceptif et considère cela comme mineur parfois, le corps médical ne connaît pas bien cette symptomatologie. Combien de fois ces dernières années ai-je entendu « arrêtez de courir pendant 6 semaines, vous avez besoin de repos ». Evidemment , on se vante rarement auprès de son médecin de développer alors un goût de plus en plus prononcé pour le wiwi ou tout ce qui est assez fort pour apporter un peu cet état de plénitude qu’on ressent après une belle sortie (comme celle de dimanche dernier !).

Non, ça, on ne le dit pas car c’est tabou…et puis il faudrait aussi avouer qu’on continue l’entraînement malgré la blessure, qu’on essaie des bandages « savants » pour que ça passe sans casser complètement : c’est une vraie partie de poker menteur et on la joue au « bluff ».

Voilà ce que je dirai en substance. Je vais aussi à Nantes pour rencontrer de vrais experts du monde médical et paramédical pour essayer d’obtenir des réponses. Je partagerai tout cela avec vous dans un « CR » d’un genre un peu différent de ceux que nous avons l’habitude de publier.

Au fait, merci à l’organisation d’avoir retenu ma proposition de témoignage 🙂

A demain soir pour savoir si je suis vraiment « malade » et si, comment je peux me soigner…

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9 commentaires

  1. et tu comptes y aller avec le tshirt du TTT j’espère 😉

    je ne te propose pas de mettre l’ensemble « total raideur » parce que bon… je sais que tu le déjà portes sous le costard 🙂

    Effectivement sinon, tu as raison… le sport est une addiction… il n’y a qu’à voir la tête que l’on fait lorsque l’on ressent une petite douleur, que l’on loupe un entrainement à cause du boulot ou de la famille, que l’on loupe totalement une course parce que l’on était hors du coup…

  2. Moi qui sort d »‘une juste d’une « formation de formateur », j’aimerais bien me retrouver devant une audience comme celle là surtout avec un sujet qui nous tient à coeur nous les runners addict !

    Bonne chance Fabrice, que la force des montagnes du TTTrail soit avec toi 😉

  3. Ha m…! t’est malade ? et c’est contagieux ?
    osef de tout façon on l’a déjà tous attrapé ta maladie 🙂

    Bonne chance pour ta présentation

    • @lexel : c’est très communicatif comme maladie…surtout quand tu en parles avec passion. Et faut être clair, c’est d’abord une histoire de passion, avant d’être une addiction.

  4. Cela semble vraiment intéressant. Le pire, c’est que cette maladie peut être contagieuse…
    De plus, courir est considéré comme maladie sous différents aspects. Voici le s différentes expressions que j’ai déjà pu entendre:
    – « Tu es malade de te lever à 5h pour allers courir »
    – « Tu es complètement malade de vouloir courir un marathon »
    – T’es malade d’aller courir sous la pluie
    – etc.
    En tout cas, soigne toi bien!

    • @Greg : tu as oublié « t’es malade de courir aussi longtemps »….la liste est longue. Non, la table-ronde était très utile et je ferai un CR détaillé des différentes interventions des professionnels de santé qui étaient présents.

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