Marathon des Templiers 2010 : le récit

Le marathon des Causses (Festival des Templiers) était avant tout un week de trail entre copains avec Mickaël de Trail&Run, Johan de Lexel blog et Michaël, dixit Lamiricore.

Vendredi, je descends donc à Grenoble en TGV pour retrouver les deux Mike et reprendre la route pour La Cavalerie. Quelques heures de route et nous retrouvons Johan, parti de Nice, au gîte du Pouss’ Combe à la Cavalerie, notre lieu de résidence pour les deux jours à venir. A près une petite partie de babyfoot improvisée dont Johan se fera rapidement l’écho je suis persuadé (avec reportage photos !), nous entamons une bonne nuit de sommeil, au calme…personne ne me contredira ?!

Samedi matin, réveil 7h30…un peu plus tard pour Mickael qui a passé une sale nuit. Nous prenons notre petit-déjeuner et à 10h00, c’est parti pour Millau. La route est rapide et lorsque nous arrivons sur place, je suis un peu surpris par l’emplacement de la course, à l’une des extrémités de la ville, un peu à l’écart et pas vraiment l’ambiance charmante que je croyais avoir vu des éditions précédentes à Nant.

Le côté foire de la course à pieds du salon me laisse assez indifférent car je suis venu avant tout pour l’environnement naturel et la course. Après nous avoir fait traverser astucieusement le salon  d’un bout à l’autre pour récupérer le dossard puis le cadeau de bienvenue (merci à Buff), nous repartons à la voiture nous changer : là, première question « comment nous habiller ?! ».

Et oui, la météo est mitigée et à 11h30, le ciel reste couvert, il ne fait pas froid mais nous savons qu’en haut, dans le Causse noir, ça risque d’être différent. Entre manche courte, manche longue, une couche, deux couches, les discussions vont bon train lorsque le ciel décide de nous aider ! Tout se découvre progressivement pour laisser place à un soleil qui donne bien autour de 15 à 16°. C’est inespéré et nous décidons donc d’enlever des couches pour le départ – pour ma part, je mets dans le sac à dos un change manche longue Gore et mon coupe vent Columbia, tous deux ultra light. Je pensais à cet instant laisser la frontale puisque le départ est à 13h15 pour 40 KM mais les amis me conseillent de la prendre, ne serait-ce qu’en cas de coup dur…

A 13h00, nous nous quittons sur le point de départ, Mickaël Van Ex va prendre sa place du côté des élites avec son dossard n°3 et moi, je poste entre 4ème ligne. Plus raisonnables, Lamiricore et Johan se poste en retrait pour un départ calme.

13h15 – Le départ est donné et je prends de suite un rythme à 11,7 KM/H qui me semble facile. Lami et Johan m’ont déconseillé de partir à plus de « 10 » mais j’ai du mal à me freiner et comme j’ai de bonnes sensations, je maintiens l’allure sur les 6 premiers kilos qui sont plats.

Kilomètre 7 « le début de la grimpette ! » – Nous attaquons le premier tronçon dur et là, comme dans le Verdon, je ressens très vite des difficultés, non pas que je ne sois pas bien, mais j’ai du mal rester en ligne et ça part un peu de tous les côtés, avec peu d’efficacité. Je commence à me faire ramasser et au 7ième kilo, Lamiricore me reprend et m’encourage à le suivre mais impossible, malgré son insistance, je ne peux pas grimper plus vite et je le laisse partir. Je suis ma trace pour arriver en haut de cette première montée (nous avons fait alors +/- 800 D+) et ça va être un peu pénible comme ça jusqu’au 10ième kilomètre avant que je ne puisse relancer un peu sur le plat ! Mais il est assez technique car fait de mono traces en tortillons : c’est magnifique, le paysage est de toute beauté mais les adducteurs en prennent plein car les virages gauche/droite, droite/gauche sont à la longue assez entamant pour le physique. Le paysage va défiler comme cela jusqu’à la seconde montée, autour du kilomètre 14 et je sais que je dois arriver frais car elle s’annonce plus difficile que le première : mais je ne suis pas frais, c’est évident.

A l’approche de la montée qui fait 250 D+, j’ai le moral dans les Boosters car je me dis que cette course ne sera pas celle espérée…la descente qui suit cette seconde montée est dure, très pentue, ça dérape, ça glisse et m’accroche parfois aux branches ! Je subis donc assez violement les événements, me faisant ramasser par tous les coureurs qui passent par là…long, très long jusqu’au 15ième kilomètre avant que je reparte jusqu’au ravito n°1 sur un chemin forestier de pure beauté.

A cet instant, j’essaie de reprendre un peu de lucidité et m’interroge « que suis-je venu chercher ici, aux Templiers ? », une perf’, un pur moment de plaisir ? En fait, plutôt le second et c’est ce qui provoque alors un déclic. Je ne ferai rien d’extra aujourd’hui mais je peux/je dois terminer ce trail car il est magnifique et j’aime cette terre découverte pendant l’été 2010. Je passe alors en mode cool car je sais que même comme cela, ce sera difficile mais au moins, je vais le terminer !

Kilomètre 20 où comment j’ai perdu mon tee-shirt de Paris-Versailles 2010 – Johan m’avait lancé ce pari fou la veille « si je te ramasse comme dans le Verdon, au 20ième kilo, tu me donnes ton maillot Adidas PV 2010 ! »…et voilà qu’au 21ième, juste après le ravito, je le vois me dépasser !!!  Comme à son habitude, Johan essaie (après Lamiricore) de me remonter le moral pour relancer mais c’est peine perdue car j’ai mal aux adducteurs, et une nouvelle sensation est apparue « le ventre vidé totalement ! ».  Je m’accroche quelques centaines de mètres car il y a la photo et j’éprouve une vraie joie à prendre Johan par l’épaule pour une photo souvenir que je ne manquerai pas d’afficher…Johan, c’est un peu mon samaritain d’infortune car il a encore fait de son mieux pour me regonfler mais le Parisien mangeur de bitume que je suis est coriace à la ramasse.

Je le vois grimper les côtelettes qui sont face à nous ; je lui avais pourtant promis une belle bataille pour le maillot de Paris-Versailles mais non, je ne peux pas –vous savez, il y a la tête, le cœur et les…jambes ? Et bien moi, la tête a lâché prise et mes jambes dirigent tout à ce stade de la course.

Je vous épargne le long récit d’un moral en forme de yoyo qui chaque 2000m, passe du positif au négatif, un peu comme le parcours qui ressemble sur le seconde moitié à des montagnes russes : faut dire qu’il est un peu plus étriqué et vallonné que le plan annoncé sur le site – jugez plutôt la différence avec mon GPS Garmin 310 ! C’est sur qu’étirer un plan  le rend plus plat !

Le 30ième kilomètre est un moment décisif – Je passe un poste de contrôle médical et l’idée de m’arrêter revient mais je la balaie en me disant qu’après tant d’effort, il faut que je poursuive jusqu’au dernier ravito, kilo 34 car ensuite, c’est fini ! Enfin presque.

J’arrive au second ravito sur un train de mémère, à 6 KM/H et là, il est tout de même 17h35, la nuit commence à pointer…je vais voir un ambulancier et lui parle de mon ventre « vide, mais vide… », je n’ai bu que de l’eau avec du glucose. Il me sort illico une assiette de chips et me dit « prenez du sel, vous avez sans doute un déficit, ça va repartir ! ». J’avale et je bois de l’eau pure…même pas une minute de pause, je repars avec mon coupe vent (il fait de plus en plus froid) et ma frontale (merci les amis de m’avoir poussé à la prendre !).

La frontale en mono trace de nuit – Voilà sans doute l’un de mes plus beau moment de course de ma vie. Je pèse mes mots, au kilomètre 36, la forêt s’obscurcie rapidement et j’allume la frontale, nous sommes un groupe de 15 coureurs/coureuses et nous sommes en file indienne sur le dernière mono trace qui nous conduit vers Millau…tout en bas. Il reste 300 D- et soudain, j’aperçois face à moi Millau, le Viaduc, illuminé dans la nuit : j’ai envie de remercier mon corps de m’avoir porté jusque là, et j’oublie mes douleurs d’autant que le ventre est revenu en pleine forme ! Nous prenons un dernier pierrier en descente avant d’arriver sur…le BITUME.

Là, vous n’êtes pas obligé de me croire, il reste 2000m et je pars comme une fusée…à 14,5 KM/H de moyenne au Garmin. Je l’ai fait, je l’ai fait, je l’ai fait…c’est ce que je vais me répéter jusqu’à la ligne d’arrivée pour un chrono de 6h46 et une place de 464ème pour mon premier marathon des Causses.

Je ne suis ni satisfait, ni déçu. Par contre, j’ai encore beaucoup appris sur la pratique du trail (je reviendrai dessus dans les jours qui viennent) et c’est au final ce qui me rend heureux et fier de moi.

Le retour avec les copains fût une seconde aventure à elle seule mais je laisse Lamiricore raconter cette histoire là : rendez-vous chez lui pour le suspens, chez Johan pour les photos compromettantes et chez Mickael Van Exe pour l’exploit sportif du Week-end !

PS. Je ne me suis pas trompé dans le Verdon, une vraie bande de potes s’est créée !

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22 commentaires sur “Marathon des Templiers 2010 : le récit

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  1. Bravo mon kiki finir cette course comme tu l’a fait alors que tu était dans le dur depuis le 8em, avec le froid, la technicités, le bide en vrac, c’est franchement beau !

    Oh que non tu ne t’est pas trompé au Verdon, « une vraie bande de potes s’est créée ! »

    Cette course était vraiment une belle aventure, et ce weekend entre pote était tout simplement géant !!!

    Vivement le prochain !

  2. Super compte rendu !
    On sent bien que c’était dur, mais aussi qu’il y avait du plaisir à être là.
    Bravo !
    Encore un récit qui donne envie de se mettre au trail 😉 merci !

  3. Aaah ! Je l’attendais de pied ferme, ce CR !
    Merci de nous faire partager un peu de ces instants avec toi, tu as lutté comme un lion, bravo ! Malgré toutes les difficultés que l’on ressent, tu as l’air d’avoir vécu de très beaux moments.

    Quand au « moral dans les Boosters »… je ne comprends que très bien l’expression, les douleurs au mollet gauche étant revenues… Il faut dire que je portais toutes mes chaussures (ville & CAP) trop petites à gauche ! Toute une éducation à refaire ^^

  4. Les boules quies ! Voila ce qu’il me faut pour les nuits d’avant course avec Fabrice 🙂 Je demanderai a Johan comment les mettre !

    Je propose qu’on prevoit un train pour les templiers 2011 destination orange d’où on recuperera la voiture de micha pour aller a Millau !!! Hehehe pas bête !

  5. Super CR !
    En effet une sacrée bande de potes s’est créee, unis pour le meilleur et pour le pire (du retour) !

    Bravo à toi pour avoir bouclé ce marathon. Franchement je n’aurais jamais pensé que tu finirais dans l’état auquel je t’ai ramassé dans la première montée…
    Mais tu t’es accroché et c’est la première qualité d’un bon traileur !!!!

    CRà venir pour ma part bien folklo 😉

  6. Super aventure, bravo pour ton courage et ton mental qui t’aura quand même permis de finir. Je trouve que tu peux être fier!
    Hop, dans le blogroll, twitter et tout ca 🙂

  7. @tous : merci ! j’ai personnellement trouvé la seconde partie du parcours plus difficile que la première, avec plus de passages délicats. Pour autant, le tracé de la course est magnifique et l’organisation irréprochable sur le plan technique (très bon balisage/bien sécurisé).
    Avec le recul, je me dis simplement qu’il faut être très bien préparé pour ce type de course.

  8. Comment ca ? tes sorties « team outdoor » ne sont pas une préparation pour ce genre d’épreuve ?
    On nous aurait menti ?
    Je crois que pour ce genre d’épreuve, il faut bouffer, bouffer et rebouffer du dénivelé… tout en maintenant une VMA au top. Facile non ?

    En tout cas, je suis presque impatient d’aller à la SainteLyon voir cette « bande de pôooootes » et courir un petit peu avec toi. Je te rappelle d’ailleurs ton objectif « la finir, dignement »…. Ca n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd 😀

    Sinon, comme d’hab, toujours très bien écrit ces petits CR de course, on y était presque, enfin, si ! on y était, par procuration.

  9. Tu as eu l’avantage de voir le pont de Millau de nuit !!!
    Bravo tu as tenu jusqu’au bout, c’est encore toi le plus méritant, car c’est toi qui a couru le plus longtemps…. 😉
    Bonne récup.

      1. @ runonline

        Un « petit morceau » de Savoie à savourer bien frais…autour d’une fondue ou tartiflette..L’hiver est déjà là !!!
        😉

        Bonne récup.

  10. Bonjour,
    bravo pour ce récit bien vivant… J’ai fini en 6:48 et à coup sûr, j’étais dans la bande des 10-15 sur le monotrace qui redescendait vers Millau… c’est pourquoi je me permets un petit message… Pour ma part : super expérience, c’était mon 1er marathon ! et préparé dans une région « plate » ! A part un week-end à Belle-Ile qui propose de superbes parcours non loin de Nantes ou je vis, dur dur d’être bien préparé pour ce type de parcours technique. Bonnes sensations quand même, je l’ai couru pour le plaisir en profitant bien des paysages et du soleil !
    Bonne continuation,
    Valérie Dubeau, Nantes

    1. Nous y étions ensemble sans aucun doute ! Belle descente mas pas facile dans la nuît. Paris / nantes, c’est vrai que c’est assez plat si certains arrivent à se préparer donc, je me dis que vais y arriver pour l’année prochaine.
      Merci pour le message !

  11. Bravo pour tes qualités rédactionnels…Ton Cr est un vrai bijoux!
    Ces templiers sont vraiment exigeants…et avec du recul même si l’ambiance du site du Départ-Arrivée était moyenne, ça reste un superbe endroit avec un beau trail nature et une organisation au super top,non?

    1. c’est une superbe course, une organisation parfaite et surtout des bénévoles très bien briefés, super motivés. je serai de nouveau de la partie en 2011, la question, c’est sur quelle course ???

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