Course à pied, internet et désocialisation

Si j’étais au restaurant au moment de régler l’addiction, je dirais qu’elle est salée ! tu cours et des fois tu te blesses, mais en plus de cela, tu t’entends dire « oh, arrête un peu de te plaindre comme cela, y’a des gens qui ont plus mal que toi ! » ou « et ben toi, t’y vas direct, tu te mets des bandes sans savoir si c’est bon ou pas »…évidement, je suis assez irresponsable pour ne pas essayer de comprendre avant de faire les choses…le must : « tu dois passer du temps sur Internet pour écrire tout ça, t’as pas peur de t’enfermer ? ». Dans mon bureau, de temps en temps, oui !

Est-ce qu’on peut juste nous laisser courir  et en discuter ? Par ce qu’à part cela, je veux bien ne pas fumer, manger trop salé, trop sucré, respecter le code de la route (ça ne se discute pas) mais courir comme je veux, quand je veux et où je veux ?

Raphaël Godet, le journaliste auteur de l’article de Jogging de ce mois-ci a eu l’intelligence de ne pas tirer sur l’ambulance et c’est sans doute par ce qu’il a demandé à un expert de commenter nos témoignages, plutôt que de porter un jugement sur nous. Car oui, je crois au non-jugement de l’autre, c’est la base du respect et le début du dialogue…peut-être aussi la condition pour que celui qui n’a plus de recule écoute et réfléchisse un peu sur sa pratique (mon podologue a été le premier après un an de nomadisme médical quant j’étais blessé à me dire « on va soigner ça ensemble, et en courant). Et nous avons réussi.

Quant à la désocialisation, je demande à avoir des données d’épidémiologie, je ne conteste pas, je dis simplement qu’on a besoin d’y voir plus clair. Actuellement, je lis pas mal d’avis d’experts sur le problème, peu d’études car le dépistage est difficile.

La désocialisation à cause d’Internet, sous-entendu de nos blogs, je n’y crois qu’à moitié. Il y a peut-être des excès mais, dans ce cas,  Internet et la course n’y sont pas plus qu’un refuge, le problème est ailleurs à mon sens et plus de l’ordre de la vie personnelle (donc pas touche !). Pour ce qui me concerne, la course comme mon blog créent régulièrement de nouvelles opportunités de rencontrer d’autres coureurs, de partager et même de tisser des liens, je pense à mes potes de Grenoble, de Cagnes-sur-Mer,…de Paris et même Versailles (liste non exhaustive) : je ne me sens pas trop désocialisé donc et la famille, et bien elle participe aussi : les enfants courent (ils n’y sont pas forcés, c’est leur choix), Marie marche…même le chien s’y est mis et fait du running car il y a un truc plus puissant que l’enfermement avec la course, c’est le partage. Je pense aussi à certains amis qui lisent Runonline silencieusement et courent eux aussi avec moi, et pour certains se sont remis à la CAP un peu grâce à moi !

Alors, ok pour parler sensations, blessures, spots, on et off run, voyages, week-end, du bon et du moins bon, des perf’…mais par pitié, que les condescendants nous lâchent un peu les baskets !

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11 commentaires

  1. Je pense que comme pour toutes les passions, ceux qui ne sont pas dedans ne peuvent comprendre. La course à pied m’a permis de rencontrer des gens, d’abord sur le net ensuite IRL, de faire la course avec eux, de partager ces kilomètres et un plat de pâtes. Ça m’a permis, grâce au club de tri, de rencontrer d’autres personnes dans une ville que je ne connaissais pas. Quand je croise un coureur on se dis bonjour. Je suis bien moins associable que les personnes qui font leur sport dans une salle climatisé ipod sur la tête (ça m’arrive aussi, mais parfois à contre cœur).

  2. Tout a fait d’accord avec toi !!
    Certains ont vite fait de dénigrer ce qu’il ne comprennent pas !! Peut-on vraiment parler d’enfermement ou de désocialisation lorsque l’on évoque un sport se pratiquant en extérieur ?
    En ce qui me concerne, je ne cherche pas à être compris mais à me faire plaisir avant tout, aussi, je cours et je blogue, et les médisants, je ne les écoute pas, pas le temps !!
    Continues à te faire plaisir !! Yes !!

  3. Pour ce qui est de la désocialisation, à ce que j’ai compris à la lecture de l’article, il s’agit tout de même de cas extrêmes ! De gens qui sont tellement en manque qu’ils en pètent les plombs, si j’ose l’expression … J’ose espérer qu’il s’agit là d’une infime minorité des sport addicts.
    Je n’avais pas saisi le côté désocialisation via les blogs (ou les forums ou que sais-je) : là, je n’y crois pas du tout, au contraire ! Le fait de partager, même sur le net, c’est bien le signe de l’intérêt pour l’autre, qu’il soit virtuel ou qu’on le connaisse réellement. Au diable les critiques, il y en aura toujours pour trouver à redire 😉

  4. J’aime beaucoup ton lapsus de la première phrase 😉

    En tout cas l’écoute avant le jugement dont tu parles sont malheureusement de plus en plus rares.
    Et sans rèver au monde des bisounours, ça ne concerne pas que le running…

    • Non, pas de soucis. au contraire, côté famille, ça s’est toujours bien passé même si parfois il y a un peu de saturation lorsque les week-end s’enchainent mais c’est normal. j’essaie donc de ne pas en abuser.Quand je ne courais plus, l, c’était un peu différend car oui, je devais être un peu casse…

  5. Il s’agit juste de priorité de vie sur une période. On peut devenir addict de n’importe quelle passion, c’est le propre de la « passion ».
    Devrait-on interdire l’amour ? Le travail ? Le jardinage ? Le bricolage ?…

    Et pour toi, c’est encore pire : Tu aimes partager ta passion avec talent !;-)

    Tu as une très belle maladie, ne guéris pas.

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