La tête, le coeur et les jambes.

Chez les latins, et notamment au Portugal, il existe de femmes qu’on appelle les pleureuses. Elles sont rétribuées pour assister aux obsèques et pleurer…sans compter.

Quand je relis mes derniers posts, je me dis qu’il y a de la pleureuse là dedans ! Ce n’est pourtant pas un effet de style ou un genre que j’essaie de me donner, mon arrêt de l’entraînement me perturbe beaucoup. Chaque fois un peu plus d’ailleurs et cela devient problématique pour moi et ceux qui m’entourent.

Dans ma p’tite tête ça bouillonne et voilà en gros ce qu’on y trouve :

La perte de mes repères : c’est un fait, la course à pris une telle place dans mon quotidien que je me retrouve totalement déboussolé à l’arrêt. Comme si la course à pied définissait ce que je suis et comment je suis…Je ne suis pas QUE coureur, loin de là, mais la plaisir que je prend à chacune de mes compétitions a modifié une partie mon identité qui se définit avant tout par la satisfaction et la joie d’un objectif atteint (c’est pas Greg qui vient tout juste de boucler son premier marathon qui me contredira J).

L’image de s(m)oi : elle en a pris un coup car je me rends compte que je m’estime d’abord par ce que j’accomplis et la course à pied me donne mon lot de défis à relever et à accomplir. Pour compenser, je travaille dur les abdos, la PPG mais c’est pas en ressemblant à un body builder que je grimperai comme un cabri les alpages de l’Isère !!

La peur, le doute : je vois les semaines passer et j’ai en tête des échéances qui me tiennent à cœur : l’Oisans où je veux faire un truc bien pour les potes, le Verbier (un gros morceau celui-là) qui demandera plus qu’un peu de VTT. La jambe tire mais ne fait pas mal et pourtant, j’ai l’impression de ne plus savoir comment on court. Je jette la jambe, ça tire (mais ça ne fait pas mal…), j’arrête puis repart…un cercle vicieux ?

C’est plus vraiment une question d’endorphines, où d’addiction…je laisse ça aux médias, non, c’est un truc ancré en moi, plus profond que cela : un peu comme la lutte ancestrale de la tête, du cœur et des jambes. Les jambes veulent plus avancées alors la tête tourne plus rond. Du coup, ça me fait mal…au cœur.

9 thoughts on “La tête, le coeur et les jambes.

  1. Je comprends tout à fait ton état … la tête ne tourne plus rond… à en devenir fou … l’Oisans il y a trois formats si tu n’es pas prêt pour le 30km il y en aura deux autres … et le Verbier … on y va pour le fun donc si faut courir 30km on en fera que 30km !!
    L’objectif n’est pas la grande course des Templiers ??? Pour toi comme pour moi … on s’égare avec toutes ses échéances … mais nous avons encore le temps… Octobre …

    1. @lamiricore : oui, c’est vrai, ça rappelle les conseils de l’équipe 3D trail : un ou deux objectifs et des étapes intermédiaires…pas de panique.

  2. Tu sais tes articles me font du bien à moi…. Car comme toi je n’ai plus de repères , et je n’ai plus moyens de me raccrocher à mes baskets …. c’est comme un cercles vicieux .
    j’ai l’impression que le temps s’est arrêté et je suis en dessous physiquement de tout ceux qui ont réussit à boucler leur entrainement et leur marathon !
    J’ai peur aussi de ne pas être prête pour l’OISAN … (en fait je sais que je ne le serai pas !)
    Alors te lire me permet de déculpabiliser un peu de cet état que je me traine depuis plus d’un mois ! Ce n’est peut etre qu’une maigre consolation pour toi mais un grand MERCI d’avoir pris le temps de partager tes émotions …

    1. @Virginie : on ira en Oisans comme on peut mais on le fera bien car c’est encore loin. C’est juste que le temps qui nous sépare de cette échéance est à la fois loin et très proche et qu’on se sent pas évoluer avec…

  3. Superbe texte, je te l’afirme ta tête tourne (encore) très rond ! Je sors de blessure après un mois d’arrêt, et quel bonheur de reprendre les entrainements, de retrouver les copains au club. Nous avons une chance immense les coureurs, c’est d’avoir des rêves, des défis à accomplir. Alors pourvu que ça dure !

    PS :Je suis abonné à ton blog depuis un moment, je ne prends que rarement la parole, mais me délecte de tes publications. Aussi, j’ai décidé de faire comme toi, de monter un blog, rassure toi pas de concurrence, le mien est basé sur les récits de course. http://runreporterrun.wordpress.com/
    A bientôt peut être ?

    1. @runreporter : merci, le blog, c’est tout autant ma ligne directe vers les potes qu’une balise. Et comme toute balise, elle sert aussi parfois à lancer des appels.
      Je vais regarder ton blog : bienvenu dans le monde virtuel de la communauté bien réelle des runners connectés !

  4. Je lis ton billet avec beaucoup d’intérêt. Je pense exactement comme toi. Depuis hier, j’ai une douleur pointue au niveau du tibia gauche. Dès que j’ai un bobo de course, je deviens désamparé.

  5. Oulla comme je me reconnais dans ce billet, ca fait peur…
    Je suis meme passé par un stade ou tu dis bon, ben si je peut plus courir je peux encore pédaler, je vais me mettre a fond au vélo.

    Enfin bref, quoiqu’il en soit tu dois pas lâcher le morceau, et garder des pensées 100% positives et optimistes.

  6. Le corps forme un ensemble et il suffit qu’un des éléments ne fonctionne pas correctement pour que le doute s’installe et que le moral commence à se mettre en berne.
    Cela fait malheureusement partie de l’entraînement, il nous arrive à tous d’avoir des périodes de repos forcé.
    Autant on puise notre force dans chacune de nos sorties et dans le plaisir que l’on en éprouve, autant il ne faut pas oublier que l’on n’est jamais seul. Il y a toujours une famille autour de soi qui sera toujours là pour nous insuffler un peu de leur force, il y aura toujours des amis compatissants, et il y aura toujours des blogueurs partageant ton désarroi et tes incertitudes.
    Nous t’envoyons tous un peu de notre force afin de t’aider au mieux.
    Tiens bon la barre capitaine, la mer est houleuse en ce moment mais tu arriveras à bon port !

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