Escribire o morer : la tyrannie de la visibilité ?

« Quoi, tu coures plus depuis 8 mois ! Mais tu fais comment ? Et ton blog ? Du coup, tu l’alimentes plus ? ».

C’est ainsi qu’a débuté une discussion avec ma discussion avec un pote que je n’avais pas vu depuis quelques mois…et en rentrant un peu plus tard chez moi, cela m’a laissé songeur. Je cours par passion et je chronique mes expériences de courses et d’entraînement, mes tests produits et parfois mes lectures. L’écriture de Runonline vient après. Enfin, c’est ce que je pensais et en y réfléchissant, j’ai été pris d’un doute : quelle est la place et l’influence de mon blog sur moi, sur ma pratique de la CAP ?

Pour être honnête, il est vrai que ces derniers mois, j’ai rencontré (comme les vrais auteurs) la tant redoutée page blanche : rien à dire ni à écrire puisque je ne courais pas ?! Ce fût angoissant et je me suis surpris parfois à scruter la toile à la quête d’une info à relayer…comme si je voulais échapper à une sorte de double peine, je cours pas et je n’écris plus ! Quel désastre ! Il me fallait dire des choses, rester présent visible. « Je suis lu, donc je suis… ». N’en serais-je que là ?? Je veux dire que cela m’a perturbé, mis mal à l’aise car la quête de la brillance et des paillettes n’est pas une aspiration pour moi. Pourtant, je me suis interrogé aussi sur cette envie toujours plus grande d’annoncer de nouveaux défis sur mon blog, de nouvelles courses ; à cette forme de surenchère : « toujours plus haut, toujours plus long…toujours plus dur », quitte à mettre mon corps en danger. La claque !

Et puis un signe m’a été donné (j’y crois beaucoup). Le soir de cette réflexion, j’ai reçu un mail du rédacteur en chef de la revue en ligne Espagnol DESNIVEL.com pour obtenir l’autorisation de traduire et reprendre un de mes posts sur l’expérience acquise en montagne (ma toute petite expérience il est vrai). C’est redevenu clair dans ma tête, ce que j’aime, c’est courir. Courir et partager : les beaux espaces, les moments de calme et de paix intérieure (là, il faut arrêter de lire ce billet et fermer les yeux…respirez, c’est encore meilleur). Courir et partager comme à Verbier cette année, lorsque j’ai engagé la course entre le Col St-Bernard et Bourg-St Pierre sous le regard médusé de Bastien (djailla) qui me savait en arrêt forcé pour blessure. C’est de l’inconscience ? C’est irresponsable ? Peut-être. C’est surtout ma tyrannie, celle qui me pousse à y aller, par delà la météo, par delà les blessures, par delà la raison.

Je vais vous dire ; en fait, écrire n’est pas le plus important même si cela fait partie de mon aventure aujourd’hui. Non, je trouve que Jornet (ou plutôt son éditeur) à raison : courir est une question de vie…

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17 commentaires sur “Escribire o morer : la tyrannie de la visibilité ?

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  1. le rapport au blog évolue certainement avec le temps, moi ça ne fait que 3 mois, et je me dis surtout qu’il me force à entretenir ma motivation, à réfléchir un peu à ce que je fais aussi.

  2. j’ai versé ma petite larme en lisant ton article !
    Comme tu dis si bien, c’est un cercle vertueux l’écriture en courant… ou destructeur, ça dépend comment on le voit et comment on se sent.

    1. @doune: pleure pas mon kiki ! c’est plutôt une belle histoire en fait mais comme tout, elle connait des hauts, des bas, des moments forts et des moments de doute. Sinon, on s’emmerderait !

    1. @Greg: merci Greg, c’est vrai et je me dis souvent que j’ai rencontré de nombreuses personnes grâce au blog. A côté de nos blogs, on a passé de bons moments bien réels eux !!

  3. Je me pose aussi ces questions puisqu’avec mon petit polichinelle, pour l’instant, je ne cours plus. Running Newbie est donc moins alimenté, mais pas de doute : pour moi écrire est aussi essentiel que courir, voire plus !

  4. Comme quoi, un coureur, ça pense également.
    En ce qui me concerne, j’apprécies ton blog car il me raconte des histoires. Et par ce billet, c’est également une incitation à la réflexion.
    Le lien étroit unissant la pratique de la CAP à la rédaction du blog.
    Tu le démontres très bien, ce n’est pas parce que l’on coure plus que l’on a plus rien à dire. La réflexion est tout aussi importante.
    Cela n’engage que moi, mais je préfère que l’on me narre des histoires (même tristes) plutôt que d’avoir un tableau d’entrainement sous les yeux.
    Ce que j’aime c’est l’aspect humain !

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