13h00, dimanche – Je termine mon premier trail de l’Oisans, 30 km et 1900 D+ en 4h41. Epuisé mais heureux d’avoir couru ce trail qui est un peu celui du Taillefer Trail Team ! La longue ligne droite en prairie qui a précédée l’arrivée m’a fait penser à quelques noms d’oiseaux concernant Jean-Marc, le boss des lieux (ton trail est magnifique JMG !). J’ai récupéré au passage Christophe et l’avantage de finir à deux, c’est que pour trouver des noms d’oiseaux, on est plus créatifs :-)

Les dix derniers kilomètres ont été très difficiles, principalement du dév négatif et mes quadris en ont pris plein la pomme ;-(

Cette descente vers la ligne d’arrivée, je l’ai réalisé il y a un an en marchant et je peux vous dire que malgré sa technicité (racines, pierres, petits ruisseaux, planche en bois !) J’ai pris un certain plaisir à la courir, pas très vite certes, mais juste assez pour l’apprécier. Sur cette portion, alors que je n’étais encore pas trop mal, je me revois penser « Quand j’arrive, j’embrasse Jean-Marc et sa mère, ce trail est trop beau… ». C’est sûr que 7 kilomètres plus loin, j’ai changé d’avis mais vous savez ce qu’on dit à propos de ceux qui ne change pas d’avis ???

Le p’tit vermicelle du Taillefer

Après 3h40 de course, je suis arrivé au dernier ravito (kilomètre 20) au gîte du Taillefer. Assez éprouvé par l’ascension qui m’avait conduit sur le magnifique plateau du Fourchu, j’ai été accueilli par un groupe de bénévoles super sympas (ils l’ont tous été d’ailleurs !!). « Un p’tit vermicelle m’sieur ? » me demande alors un gars du coin avec sa petite moustache et son chapeau savoyard sur la tête. « Une soupe au vermicelle ?! »…en temps normal, je déteste cela mais là, allez donc savoir pourquoi, je me suis jeter dessus à deux reprises J. Après 3 minutes de pause, je suis reparti regonflé à bloc pour une descente sur 2 km en single très étroit, ce qui a bien failli me coûter une cheville !

Splendeur et délivrance sur le plateau du fourchu

A mon arrivée sur le plateau, je comprends pourquoi JMG nous a dit de profiter du paysage : une toundra superbe avec en toile de fond les massifs enneigés. Je suis aux anges…mais pas pour longtemps car si le sol, sous l’effet de cette herbe bien moelleuse et de mes Mafates, est un vrai champ de coton, nous alternons avec des passages neigeux et là, c’est la glissade assurée ! Le lac Fourchu situé sur le plateau me rappelle un peu la Restonica en Corse…Je me dis que j’ai quand même de la chance d’aimer le trail J. Il faut savoir que depuis le ravito du 11ème kilomètre exactement, et sur les pierres, nous grimpons et moi, avec l’aide de mes bâtons, je ramasse un peu car c’est raid et quelques coureurs sont à la peine. A ce stade, difficile de dire qui est coureur de 40 ou 30 km.

La longue ascension depuis le col d’Ornon

Ce qu’on aime tous au trail de l’Oisans, c’est qu’on sait d’avance qu’on va s’en prendre plein les jambes, plein les poumons et plein les yeux : c’est pour ça qu’on vient. La grimpette de plusieurs kilomètres qui nous a conduit du Col d’Ornon au plateau du Fourchu ne déroge pas à cette règle. Longue et régulière, cette montée est celle où je me suis fait ramasser par Mayou (engagé sur le 20 km et 2ème à l’arrivée !) en train de tailler une bavette en pleine côte avec un concurrent ;-( C’est aussi cela le trail, faut être humble et toujours garder sa motivation intacte.

Départ en côte !

L’an dernier, le départ avait donné du village d’Ornon avec une descente dès les premiers mètres. Cette année, changement de programme, départ en côte pour 1 100 m. Les cuissses ont été tout de suite mise au parfum comme ça ;-) J’ai pris un départ prudent (pour changer) et je me suis caler sur un rythme pépère en attendant que ça passe, puis…la suite, vous connaissez déjà désormais.

Trail pluvieux, trail heureux…

Parce qu’il est à taille humaine, parce que les bénévoles sont enjoués, supportifs toujours de bonne humeur, parce qu’il est super bien balisé, parce qu’ici, aucun débile ne retourne les pancartes (!!), ce trail est une pépite. L’an dernier, nous avons couru sous la pluie et déjeuner au soleil, cette année, nous avons couru au soleil (enfin presque) et reçu ensuite des trombes d’eau ! Vivement l’édition 2013 avec 100% de soleil :-) !

Jean-Marc, ta maman m’a confié que tu prenais chaque année  1an de plus en organisant ce trail : et bien sache que moi, j’ai l’impression d’avoir rajeuni d’une année ce week-end : merci, merci, merci.