Courir, méditations physiques : un chapitre, une pensée

Les Editions Flammarion m’ont adressé, ainsi qu’à d’autres membres de la tribu des coureurs, un ouvrage de Guillaume Le Blanc : Courir, méditations physiques.

L’ouvrage sera distribué autour de 12 septembre, ce sont donc les premières épreuves que nous partagerons ensemble. Pour ce faire et comme le livre est organisé autour de plusieurs chapitres, constituant autant de réflexions sur la course à pied et ses pratiquants, je consacrerai une réflexion à chacun d’eux.

 Je cours donc je suis

Quand je cours, je pense beaucoup, il m’arrive aussi de me parler. Je pratique 90% de mes footing seul, ou alors avec mon chien Eliott, cela présente deux avantages pour moi au delà de la compagnie qu’il m’apporte : avec lui, j’ai toujours raison et puis il est bon public…c’est important. Courir seul, c’est se laisser la possibilité d’associer à l’effort physique que constitue le fait de courir une dimension, si ce n’est philosophique (restons humble), du moins intellectuelle, voire spirituelle. Courir m’aide ainsi à prendre du recul sur les événements, parfois à pratiquer des exercices d’argumentation  pour préparer une discussion à venir (je suis certain que ça, vous l’avez déjà fait ?).

Courir ne peut pas être uniquement un acte physique pour moi, il est forcément associer à une pensée. Ainsi, lorsque Guillaume Le Blanc évoque la notion de philosophie éphémère, comme une pensée mobile et révisable que se forgerait le coureur pendant sa pratique, je me retrouve pleinement dedans car à défaut de refaire le monde (ça, c’est plutôt avec les potes autour d’un verre de vin), il m’arrive très souvent d’associer à mes sorties un certains type de pensées, celles-ci variant en fonction de mes séances. Il s’agit là d’un moyen pratique de se sentir moins seul finalement car en pensant, on peuple l’esprit. Il m’est d’ailleurs arrivé à plusieurs reprises de faire fausse route ou de buter sur une racine…perdu dans mes pensées !

Courir m’aide à me construire, je pense qu’en courant, à défaut d’être, je deviens…la course à pied agit comme un révélateur de ma nature profonde en quelque sorte.

J’aime la qualité de mes pensées lorsque je cours, au moins au début car je trouve que cette qualité se dégrade à mesure que l’effort dure. Mon point de vue est que la longueur et la difficulté de l’effort physique nuisent à la pensée qualitative.

Je vous laisse dormir sur cette réflexion : pour penser mieux, faut-il courir moins (longtemps) ?

Autre post sur l’ouvrage : Jahom ici.

A propose de l’auteur :

Guillaume le Blanc est marathonien et professeur de philosophie à l’université Michel-de-Montaigne Bordeaux 3. Il a publié, entre autres : Vies ordinaires vies précaires (2007) ; L’invisibilité sociale (2009) ;Dedans-dehors. La condition d’étranger (2010) ; Que faire de notre vulnérabilité ? (Bayard, 2011). Il est membre du comité de rédaction de la revue Esprit.

 

3 thoughts on “Courir, méditations physiques : un chapitre, une pensée

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