Aller plus loin avec l’électrostimulation : interview de Pascal Adam, directeur scientifique chez Compex

 L’électrostimulation est une technique complémentaire de préparation physique réputée pour renforcer nos muscles. Dans la pratique, nous sommes nombreux à plutôt l’utiliser pour faciliter la récupération après l’effort. Mais peut-on imaginer que l’électrostimulation améliore notre force ? 

J’avais envie de répondre à des questions qui me sont souvent posées, c’est avec le directeur scientifique de Compex que j’ai partagé mes interrogations.

De nouvelles perspectives d’utilisation :

La gamme qui vient d’être mise sur le marché en octobre (ici)se compose de nombreux modèles sans fil, au delà de l’aspect pratique, quelles sont les possibilités de préparation physique ouvertes par cette technologie ?

C’est pourtant l’aspect pratique qu’il faut considérer en priorité, sachant que la présence des câbles de stimulation était l’une des critiques principales formulées par les utilisateurs ou par des sportifs que ce point pratique décourageait.

Lorsque cela présente un intérêt, l’absence de câble de connexion permet aussi l’adoption plus aisée de certaines postures, voir le changement de position au cours d’une même séance.

photo 1Quels sont vos conseils pour passer d’une utilisation statique à une utilisation dynamique du produit ?

Il n’existe pas aujourd’hui de preuve scientifique démontrant une supériorité de l’association de la stimulation avec un travail volontaire associé et en particulier avec des exercices dynamiques.

Toutes les publications scientifiques ayant démontré des gains significatifs par électrostimulation, relèvent d’exercices réalisés en statique (contraction isométrique).

Les gains de force moyens sont de 20%, et ces gains sont retrouvés pour des contractions isométriques mais aussi pour des contractions dynamiques (que ce soit en concentrique ou en excentrique), et sont même plus important pour les vitesses les plus élevées (ce qui démontre que c’est l’activation musculaire qui est déterminante et pas les conditions dans lesquelles les contractions sont réalisées).

Autre fait important à souligner, plusieurs études ont clairement démontré que le transfert de gain (depuis le gain du muscle vers une amélioration d’une gestuelle plus élaborée) se faisait le plus souvent sans aucun délai (étude natation, volley, foot, rugby, hockey sur glace…) dès lors qu’un entraînement volontaire était réalisé de façon concomitante.

Il est aussi connu que l’électrostimulation, même réalisée de façon statique, est génératrice de courbatures importantes, en raison du mode spécifique du recrutement des fibres musculaires.

Une étude a même démontré qu’au niveau musculaire, les microlésions consécutives à l’exercice sont identiques pour une séance statique d’électrostimulation et une séance d’entraînement de même durée réalisée en excentrique. L’association de la stimulation avec un travail dynamique, surtout si ce dernier implique des contractions excentriques, occasionne des courbatures souvent phénoménales qui peuvent empêcher l’athlète de s’entraîner pendant plusieurs jours.

Enfin, il faut aussi rappeler que parmi les principaux avantages de l’électrostimulation, on retrouve : pas de fatigue centrale (ce qui permet au sportif d’être plus « frais » pour ses entraînements volontaires) et peu de contraintes articulaires (ce qui est exact lorsque les séances sont conduites en isométrique). Ces avantages disparaissent si un travail dynamique est réalisé en même temps.

 L’ensemble des points précédents laissent apparaître un ratio bénéfices/risques insuffisant qui me conduit à ne conseiller que très rarement cette modalité d’exercices.

Il existe néanmoins quelques cas, où cela peut néanmoins être envisagé (par augmentation du bénéfice espéré) : des rééducations particulières (en particulier dans le domaine de la rééducation neurologique), une préparation spécifique pour une sollicitation de nature excentrique (par exemple pour le trail), pour des sportifs très aguerris pratiquant la stimulation depuis plusieurs saisons et qui ont tendance à atteindre un plafond au niveau de leurs qualités musculaires.

Existe-t-il des risques de blessures si j’utilise mon programme en dynamique ?photo 2

 Sans parler d’électrostimulation, quelle est le type d’exercices où le risque de blessure est le plus élevé : statique ou dynamique ?   (CQFD)

Par ailleurs, tout exercice dynamique implique des actions musculaires modulées (variation de la force développée), alors que la contraction électro-induite est toujours normalisée, donc incapable de s’adapter à un changement de situation (longueur, vitesse etc…), et à cet effet, peut plutôt venir perturber la motricité volontaire.

Maintenant, tout ceci doit être apprécié en fonction de l’exercice réalisé : amplitude, vitesse, initiation du mouvement etc…

Dans tous les cas, cette modalité d’entraînement devrait toujours se faire sous le contrôle d’un superviseur avisé !

 

En pratique :

Puis-je « sauter » la phase d’échauffement si j’ai déjà couru pour démarrer directement un exercice ?

Oui

Que se passe-t-il si je ne termine pas un programme jusqu’au bout ? Si je m’arrête avant la phase de récupération ?

 Les programmes Compex ont été développés en partenariat avec Gilles Cometti (Université de Dijon) avec des outils permettant de mesurer les résultats.

La durée des programmes a été établie sur la base des gains moyens obtenus chez plusieurs dizaines de sujets, et avec des séances réalisées en isométrique.

Il est par conséquent préconisé de toujours réaliser la totalité de la séance (séquence de travail +++), pour des résultats optimaux.

Maintenant, avec un travail volontaire associé, les règles du jeu ne sont plus les mêmes.

Une des mesures de précaution, est la grande progressivité dont il faut faire preuve lorsque l’on souhaite aborder cette modalité :

Pas plus de 5 contractions pour les premières séances, puis 10, puis 15 etc…

Le reste de la séance pouvant être mené en statique.

L’équipe de la revue Volodalen a réalisé une étude pour mesurer l’efficacité de séances avec un produit Compex comparé à des séances de travail naturelles en course (descentes rapides) : quel était le programme Compex utilisé pour cette étude (http://www.volodalen.com/54laboratoire/laboratoire-compex.htm)?

C’est difficile de considérer ce travail comme une étude, il s’agit plutôt d’un test produit. Le programme utilisé était un programme customisé, assez proche du programme Amyotrophie mais limité à 10 contractions.

Plus d’information sur la nouvelle gamme : ici

Un grand merci à Pascal Adam, Directeur Scientifique chez Compex.

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