DUST : le désert pour tous ?

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Je ne pensais pas courir un jour dans le désert (à moins d’y être poursuivi !). Encore moins en compagnie d’athlètes médaillés marocains et français mais le DUST (Dakhla Ultimate Saharien Trail) a rendu tout cela possible. Première édition d’un trail à étapes (90 ou 150 km), le DUST a clairement pour ambition de réunir des coureurs élites et amateurs au sein d’une même idée du trail : aventure, dépassement de soi et esprit de groupe.

Je peux désormais dire que c’est un pari (difficile) réussi car ces trois jours de désert ont donné vie à une promesse que nous avons souvent sur les flyers mais pas systématiquement dans les faits et Bruno Pomart, l’organisateur, a bien raison de dire « C’est incroyable de voir les coureurs arriver si enjoués à la fin de chaque étape. On les sent vraiment ravis d’être là. Cela prouve que l’on ne s’est pas trompé dans le projet. » Je te le confirme Bruno, l’équipe du DUST a réalisé une jolie synthèse entre le goût de l’effort et la convivialité.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance et nous étions plusieurs au départ à avoir une certaine aversion pour le sable (dans les chaussures), les fortes chaleurs (et l’absence d’ombre !), le goût du sel de mer… mais la lagune de Dakhla est magique et très vite, chacun de nous a trouvé son rythme et sa place dans cette étendue immense au climat désertique tempéré (températures moyennes entre 22° et 27°).

Ce DUST a réuni pour son baptême des athlètes élites, des amateurs passionnés d’ultra, des représentants de la presse grand public, spécialisée running et web.

Un trail au format accessible

Engagé sur le 3 x 30 km, j’appréhendais tout de même un peu car mes courses sont justement en moyenne de 30 km et je n’enchaîne jamais ce type d’effort. Je suis donc parti avec prudence le premier jour histoire d’apprendre un peu à gérer le soleil, la chaleur et la variabilité du sol avec une alternance de sable mou, de sol dur et de « dunettes ».

Le tracé de la première étape n’est pas le plus joli du séjour mais il a le mérite d’aider à « rentrer » dans le désert de façon soft, ce qui le rend abordable pour les traileurs novices comme moi qui n’ont aucune expérience. Bien au niveau des sensations jusqu’au km 18, je me suis rapidement trouvé en difficulté en raison d’une hydratation largement insuffisante (moins de deux litres d’eau bus en 2 heures). Il y a beaucoup de vent sur Dakhla, ce qui accélère la déshydratation mais accentue la fausse sensation de fraîcheur… Heureusement pour moi, Gregory (Greg Runner himself) n’était pas très loin et devant ma détresse, sa décision de m’aider à finir a été plus que salutaire – en même temps, c’est la première fois que nous courions ensemble ! J’entends encore ses « bois plus ! », « vas-y bois maintenant ! » toutes les dix minutes… mais au moins, j’ai enregistré le message pour les jours suivants ! Au final, nous avons bouclé ensemble à ma grande joie cette étape en 3h41. HS à cet instant, je me demandais bien comment repartir le lendemain !

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Jour 2, Bruno Pomart invente le « mégaphone réveil matin »

Après un excellent tajine et une bonne nuit sous la tente avec mes camarades, une voix, comment dire… mélodieuse, nous réveille d’un « Amis traiteurs, il est 6h30, je vous rappelle que le petit-déjeuner est ouvert. Vous avez rendez-vous pour le départ à 8h00 devant la tente »🙂

Et c’était comme ça chaque matin au soleil levant…

L’étape n°2 reste pour beaucoup d’entre nous la plus belle et la plus magique, entre dunes et mer, avec des alternances de chemins rocailleux, de sables mous (presque mouvants), de terres ocres et des pistes longeant la baie. Un tracé très réussi par l’équipe car tout en étant en plein désert saharien, cette portion de 28 km reste très accessible à tous les participants, du 30 comme du 50 km, ce qui est un vrai tour de force. Compte tenu de mes difficultés de la veille, je décide de prendre les bâtons et ce choix s’avère judicieux car dans les parties de sable mou, j’avance en me fatiguant beaucoup moins, ce qui me permet de gérer mon effort et mon hydratation avec plus de calme. Je fais la seconde partie de course en compagnie d’Elodie Arrault, participante bien plus expérimentée que moi en ultra. Un vrai plaisir de faire un peu plus connaissance et de joindre nos forces pour terminer ensemble cette superbe étape en 3h21.

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Jour 3, étape finale du DUST

Notre émotion est grande au petit matin. Pour beaucoup, cette ultime étape est une délivrance physique mais elle a également un parfum de nostalgie car elle signifie la fin de notre aventure. Les concurrents de « 30 » saluent et encouragent les partants du « 50 » puis c’est l’heure du transfert en 4×4 vers la ligne de départ – toujours un peu usant le 4×4 mais indispensable pour s’éloigner et découvrir de nouveaux paysages.

Cette étape est la plus longue et je trouve qu’elle arrive parfaitement dans notre enchaînement car la montée en puissance, même si elle a occasionnée de la fatigue, nous a permis de gagner en confiance et c’est donc plus fort d’une certaine façon que nous l’engageons. Les variations de sols sont bien plus délicates encore à gérer pendant cette étape car il y a une partie désertique de plusieurs km avec bosses qui nous cisaille les jambes ! Une fois de plus, mes bâtons sont très utiles mais ils ne feront pas de miracle – plein de certitudes, je fais l’effort sur cette partie de course et c’est un mauvais calcul car j’y laisse beaucoup de force. De plus, la journée est l’une des plus chaude, le final avec vent contraire et dunes à gravir est usant et je dois piocher dans mes ressources pour terminer seul cette fois-ci en empruntant le bord de mer où virevoltant déjà les kitesurfeurs. Je franchis la ligne en 4h11 pour 32 km.

Bilan du 90 km pour moi : 11h17 et 15ème au scratch.

Vous avez déjà vus beaucoup d’images du DUST !!

Après seulement 48h00, l’émotion est grande et il y beaucoup de choses sur lesquelles il nous sera difficile de mettre des mots ou des photos (quoi que…) : je retiens pour ma part l’incroyable lutte que Vincent Viet a livré aux coureurs marocains durant ces 3 jours sur le 90 km, le sursaut de Anne Valéro sur l’ultime étape (seconde féminine sur 90 km) pour pousser la marocaine El Keira El Jmri dans ses retranchements, la découverte par Stéven Le Hyaric de son incroyable talent (si si), le sourire et les encouragement indéfectibles d’Elodie Bernascon qui a été notre seconde maman et enfin le professionnalisme sans limite de Béatrice Glinche du team DUST, capable de rester des heures durant au soleil, sur son tabouret à attendre notre arrivée d’étape pour le pointage🙂

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On change quoi en 2016 ?

Franchement très peu de chose à mon sens. Il faudra surtout maintenir le niveau de qualité de la 1ère édition. Si un point peut être amélioré, c’est sans doute le balisage. Et oui, ce sacro-saint balisage qui est toujours au centre du débriefing en trail… Une des particularités du DUST étant la variabilité des paysages traversés dans la baie de Dakhla (dunes, sable, pistes, steppes), un balisage adapté et très distinctif du relief serait bienvenu car avec la luminosité ambiante très forte, il était parfois difficile de percevoir les marques. Ce point technique pourrait être réglé avec des couleurs différentes et des drapeaux montés sur des tiges suffisamment hautes pour émerger des steppes par exemple.

Par ailleurs, je me dis que laisser 1/2 journée entre l’arrivée des participants et le début de la course serait pas mal pour permettre aux participants de récupérer du voyage en avion qui est tout même assez long 7h/8h. Ce point n’est pas simple à gérer vu les horaires des vols, leur nombre et le surcoût en nuit d’hôtel que cela peut occasionner, mais il serait bien de trouver une solution d’autant que l’avenir du DUST se joue au delà de la France et du Maroc avec à terme des coureurs du monde entier !

C’est pour qui le DUST ?!

Je crois que c’est clair, le DUST est un trail d’accès au désert pour tous les types de coureurs : marathoniens en quête de nouveaux défis, traileurs en préparation d’ultra, compétiteurs souhaitant se préparer pour le MDS… chacun de nous peut trouver son compte avec les deux formats existants (90 et 150 km). Le niveau de difficulté va crescendo et l’encadrement logistique est parfaitement adapté à une première approche du désert puisque vous évoluez en semi-autonomie. Une seule condition donc : être entraîné.

Pour ma part, j’ai appris pas mal de choses lors de cette expérience et je reviendrai plus tard sur mes propres enseignements : matos, alimentation, hygiène, etc.

Combien ça coûte ?

Pour vous inscrire, il vous en coûtera 1450 € net hors avion, ce  prix comprend le dossard pour les 3 journées de course et l’ensemble de l’encadrement logistique : transfert depuis Dakhla jusqu’à l’hôtel, bivouac cosy, petit-déjeuner et dîner, ravitaillements en eau, etc.

Mon voyage m’a coûté 400 € (avion et transfert en bus entre mon domicile et l’aéroport). J’e n’ai acheté aucun équipement spécial « désert » pour le DUST.

*********

Mes conditions de participation : dossard presse offert // frais de voyage à ma charge.

*********

Voilà, avant de vous quitter, je tiens à remercier Bruno, Georges et Pierre (tes photos sont extras !) et tous les bénévoles qui ont été aux petits soins pour nous coureurs. Une telle épreuve demande beaucoup de travail en assistance logistique alors du fond du coeur « MERCI ! ».

Merci aux marocains qui ont été des hôtes très fiers de nous faire découvrir la région de Dakhla et son site touristique en plein développement.

Et puis enfin, merci à Elodie de m’avoir encouragé à oser cette expérience insolite et à Marie pour m’y avoir forcé motivé🙂

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A lire aussi (actualisé au fur et à mesure des parutions) :

Steven Le Hyaric blog

Trail session ici

Sylvain Bazin blog

Greg Runner blog

Jean-Pierre run run FB

7 thoughts on “DUST : le désert pour tous ?

  1. Bien décrit… Oui on a vécu un truc de fou !!! Et tellement dépaysant, j’ai l’impression d’être partis plus d’une semaine. Y avait le dépassement de soi, la découverte et des personnes adorables.

  2. Superbe! Des paysages sublimes. Pas evident de courir avec des batons dans le sable… j’aurais pas eu l’idée..
    Une belle expérience et surement des souvenirs inoubliables..

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