Chaussettes de compression : ceux qui en parlent le plus les auraient-ils essayé le moins ?!

S’il y a bien un sujet qui fait débat, pullule dans les forums, pollue (?) les conversations, stérilise l’information…c’est bien celui des chaussettes de compression pour le sport de type BV Sport® ou encore Compressport®.

« moi, j’ai essayé une fois et j’en suis revenu », « moi j’ai bien lu leurs études et elles ne tiennent pas la route »…moi je, moi je…et c’est bien là le problème : le « moi je » est souvent un peu court dans son développement explicatif mais le jugement lui est sec, parfois trop subjectif.

Alors MOI aussi, j’ai une opinion sur le sujet mais surtout une expérience personnelle de presque trois ans avec cet équipement. Je l’ai déjà partagé à plusieurs reprises (ici), mais je reviens dessus encore une fois…ce doit être mon côté têtu :

La compression c’est quoi ? C’est une approche utilisée en médecine depuis de longues années, on parle de contention et elle a pour objectif de faciliter la circulation veineuse des fluides dans les membres inférieurs. Les personnes, et pas seulement les seniors, qui souffrent d’insuffisance veineuse ou de troubles de la circulation sanguine lors des longs trajets en avions par exemple utilisent de tels produits : les marques sont cette fois médicale comme Sigvaris® par exemple. Donc, il faut retenir que compression = retour veineux = meilleur fonctionnement des membres inférieurs et meilleur confort !

La compression dans le sport, c’est quoi ? Le principe est identique – on recherche toujours l’amélioration de la circulation des fluides veineux – mais cette fois, il y a deux applications spécifiques :

1/ l’optimisation de la performance pendant l’effort : elle est obtenue grâce au rendement musculaire (mollet et plus récemment les quadriceps) qui est amélioré grâce à la meilleure circulation du sang du à la pression exercée sur les veines. Ors, une meilleure circulation sanguine se traduit par un meilleure transport de l’oxygène par le sang jusqu’aux muscles, donc une fonction musculaire améliorée et surtout un recul de l’apparition de l’acidose lactique (ce qui nous fait si mal aux jambes). Ces résultats ont été mesurés dans le cadre d’études scientifique tout à fait valides (ici et ), même réalisées en post-activité. Et oui, je sais bien que les sceptiques critiquent ce point là mais allez donc essayer de faire de l’imagerie en plein effort ! Un peu de sérieux donc, après l’effort, on peut mesurer et comparer des jambes de sportifs avec et sans système de compression pour constater les bénéfices de la compression : diamètre veineux, flux sanguin, etc.

Si avez une démonstration du contraire et rationnelle, j’ouvre la discussion ?!

2/ l’optimisation de la récupération : c’est très exactement le même principe. Après un effort long, les muscles sont endoloris (moins avec la compressionJ) et la montée d’acide lactique dans les muscles laisse des douleurs qui viennent s’ajouter aux microlésions musculaires provoquées par l’effort : ici, le port de chaussettes de compression spécifiquement dédiées à la phase de récupération (et surtout pas les manchons) apportent un bienfait immédiatement perceptible et soulage tout en accélérant la récupération musculaire. Cela ne dispense pas d’une parfaite hydratation et d’une alimentation équilibrée pour recharger les batteries bien entendu.

Mon expérience ? En matière d’effort, j’utilise les manchons de compression (chaussette sans pied) pour mes compétitions (semi, Trail, Duathlon) et mes entraînements. Je retire dès la fin de l’exercice mes manchons. La sensation de confort est sans aucun doute ce que je ressens principalement, et de ce fait, je peux forcer sans ressentir de douleur, d’autant que j’ai un mollet gauche très fragile depuis 1 an – je peux d’ailleurs faire de la compétition avec mais pas sans mes manchons. Cette expérience n’est pas discutable ou négociable, c’est la mienne et elle correspond à ce que j’ai appris sur cet équipement.

En phase de récupération, j’utilise sur des périodes courtes (3h00 à 4h00 en moyenne) les chaussettes (avec pied cette fois) pour gagner en confort.

Là encore, je suis preneur de tout commentaire argumenté ou scientifique.

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce type d’équipement demande un choix rigoureux car faire le choix d’une mauvaise taille, c’est risquer de ne rien ressentir ou pire, de risquer un problème qui peut être grave si le modèle est trop petit et comprime vos artères. Il faut aussi vous connaître sur le plan santé physique général et ne pas avoir de troubles au niveau sanguin et cardiovasculaire – en cas de doute sur ce dernier point, parlez-en à votre médecin avant d’acheter. En cas de doute à l’usage, appeler les équipementiers, ils répondent et conseillent volontiers.

Mon premier modèle chez BV Sport avait été mal choisi (par moi) et devant l’impression d’une trop grande compression (sentiment de jambes coupées), j’ai contacté l’équipe et il s’est avéré que je devais remplacer mon modèle par une taille plus grande. Le résultat a été immédiat…vigilance donc. Je pense que beaucoup de mauvaises expériences relèvent d’un produit mal adapté, il ne faut pas hésiter à contacter le fabriquant pour vous en assurer.

Voilà, après tout cela, on peut trouver que ce n’est pas nouveau, on peut ne pas y croire, on peut trouver cela superflu, on peut dire que c’est cher, on peut simplement ne pas s’y intéresser et même avoir malgré tout une opinion dessus ! Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’expérience au long cours et l’envie de comprendre comment et pourquoi ça fonctionne.

PS. Pour lever tout soupçon bien légitime, je ne travaille ni ne reçoit rien des équipementiers. J’ai acheté comme tout le monde mes booster (l’autre nom des manchons de compression) en magasin, puis  sur internet et payer à chaque fois + /- 40 €.